deux heures belles
deux belles heures
à marcher dans la bruine
ô pluie tiède et divine
tant la beauté, en belle mule qu’elle est
sait faire fi de nous
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Photo : L’AIR LIBRE – Vendredi – Montréal
deux heures belles
deux belles heures
à marcher dans la bruine
ô pluie tiède et divine
tant la beauté, en belle mule qu’elle est
sait faire fi de nous
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Photo : L’AIR LIBRE – Vendredi – Montréal
Je sais nos démesures, et quelques chants qui te consolent. Il reste que tu as raison : malgré mes lieux d’apaisement, mon entêtement est bien vivant. Mais là où j’étais batailleuse, je m’assois plus souvent qu’avant, tranquille dans la rumeur, le regard vers le jour, l’oreille vers le vent et l’oiseau. Je sais mes os remplis d’histoire, ma chair restée teintée de rêves. Je voudrais te dire le chemin, mais ce n’est pas le mien. Ni celui où je t’aime.
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Photo : LA VIEILLE MAISON – Toujours sur la route 327
Sans trop savoir pourquoi, j’aime ces vieux bâtiments qu’on voit le long des routes, ces vieilles granges surtout, de bois gris. C’est peut-être l’histoire qu’elles racontent en silence.
Puis il y a l’oiseau du matin. La rivière, la mer, et le sens du désir. Ce qui n’arrête jamais vraiment, ni du vent ni de l’âme. Et tout ce qu’on fait quand même pour y brider le jour.
J’ai mal à mon monde qui laisse faire les fous. Et moi qui ne sais faire que l’écrire.
Photo : DANS L’ERRANCE DU TEMPS – Avant-hier, sur la route 327
la beauté est tenace
son chant résiste
aux assauts de l’absurde
aux violences d’un certain silence
et aux paroles vides de sens
j’oppose jusque dans la nuit
des lieux de poésie
pour autant de patience
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Photo : LA GRIVE EST REVENUE – Hier matin – Montréal
Les bourgeons sont capés de neige.
Pieds nus sur la terre froide, mon regard se souvient du tien. La lumière du blanc peut-être, ou le sang de la voix resté pris dans la gorge.
J’y suis, c’est tout. Avec ce que le temps révèle. De ces nuits où il faisait gris au creux d’une enfance trouée. Et du beau qui s’accroche dans l’étreinte des jours.
Photo : HIER, UN MUR
Ça fait un bout qu’on ne t’a pas vu, même pas dans le tournant.
En attendant, par ma fenêtre, le temps passe autrement. Le bourgeon et l’oiseau ont ouvert le passage. Ce matin par exemple, tu verrais le ciel gris, l’asphalte éclaboussé, l’absence de vent, et les gouttes qui tombent du ciel et de l’érable.
Je serai là quand tu passeras. Entre les mots, sur le clair chemin de l’errance.
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Photo : DE PLUIE ET DE CHARBON – Avril 2021 – Montréal
c’est vague, tout ça –
la mer peut-être
ou ta mère qui sait
le rouge encore caché
au plus près de ta langue
mais si c’est d’écrire pour te vivre
et pour ces traces laissées
en chemins d’espoir et de peine
comment dire les yeux
d’avant les trottoirs durs
et ceux d’après
le frôlement des corps
par l’oiseau peut-être
et la peau tendre des fleurs
Photo : SOUS L’ESCALIER – Ce matin
je te vois ma colère
bouffie de nostalgie
moi la fille d’ici
sans boue dessus mes bottes
autre que celle que j’ai choisie
et si je pleure
à perdre une aube familière
je sais les ombres qui basculent
avec et sans moi
et le temps voué à y faire
tous les matins du monde
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Photo : SUR UNE BUTTE – Avril 2021 – Montréal
apostrophe
mais j’évite
ce sera moi demain
moi qui saluerai l’aube
des yeux ou des paupières
je grugerai mes barreaux
tandis qu’ils s’amuseront
à caler des entrées de terre blanche
et en dépit des arbres
et du vent qui jamais jamais ne s’épuise
je penserai à ces jours
que je t’aurais fait goûter
à l’écume qu’on buvait
en soûlant l’invisible
Photo : FAUSSE MER – Hier, au bassin presque vide du parc Lafontaine.