Espoir de clown

– Où est passée l’ivresse? me demanda un jour le clown.
– Euh…
– En fait, je voulais dire « où est passée la menthe » ?

Ça y est, les outardes s’éclatent au-dessus des maisons.
On a rentré les plantes au chaud.

Hier, en binant le jardin, j’ai trouvé un espoir.
Une petite pousse de menthe, de celle que je préfère.
Je pensais l’avoir perdue à cause du printemps froid.

 


Photo – CORDÉE D’AUTOMNE * Septembre 2019, Montréal

Autant que j’y suis

les notes roulent dans l’air
comme des clairs de ruisseau
et toujours ce désir
sous le ciel de l’automne

là où les mots étanchent ma soif
par une étrange fidélité
c’est l’appétit dans nos regards
qui me tient près

les années ne me mènent à rien
qu’à ce que j’ai versé sans attendre
mon souffle y passe jusqu’à l’aube
et les minutes belles

le feu dans l’ombre et dans l’ébat
même au plus perdant de l’attente
la lumière qui revient

j’y serai autant que j’y suis
désarmée et vivante

 


Photo – LE VISAGE  * Septembre 2019, Montréal

À l’abri de l’ombre

fin d’après-midi
on avait rendez-vous
j’ai trouvé pour t’attendre
un mur de ciment
un dernier recoin chaud
à l’abri de l’ombre
j’y serais restée encore
à regarder les gens
qui rentraient du travail
les rayons d’automne sont parfaits
pour y boire à fond le soleil

Photo – BÉTON * Mi-septembre 2019, Montréal

Lundi matin

Le ciel est bleu pourtant.
Et la lumière exquise.

J’en aurai mis du temps.
Pour manier l’art fuyant d’y attraper le jour.

Photo – Dans le Champ des Possibles – Le 12 septembre 2019 * Montréal

La beauté de l’une

Ne me cherche pas, dit-elle. Je resterai sauvage.
Mon coeur prend flamme trop vite.
Et mes jours, comme les tiens, sont comptés.
Alors n’attends rien de moi – que moi-même.
J’ai le coeur grand comme le monde. Et fragile comme lui.
Je sens déjà ton poids. Tout ton amour aussi.
Alors, ne me cherche pas. Tu m’as déjà trouvée.

Photo – UNE MISSIVE D’AUTOMNE (POUR A.) – Le 12 septembre 2019 * Montréal

Théâtre d’automne

et nos berges qui restent exposées
aux courants des rivières
la tienne, la mienne
sinon, dis-moi
qu’aurions-nous pour nous vivre?

les branches dansent dans ma fenêtre
comme une invitation

si j’ai une seule certitude
c’est celle du miracle
dans le soleil levant

pour le reste je n’ai trouvé
aucun précis d’amour humain
à part quelques rudiments en poésies d’aurore
des carnets de désirs semés dans le temps
de quoi rêver encore
le ciel et le vent

Photo – COULÉES DE SEPTEMBRE  * Avant-hier dans mon quartier – * Montréal 2019

Premier samedi de septembre

La lumière est douce dehors.
Une lumière d’automne.

J’ai recommencé à marcher
du côté de Galarneau durant le jour.
Tout l’été, je lui préférais l’ombre.
Trop brûlant sur mon visage.

Le ciel est tout bleu.
On fêtera ma sœur aujourd’hui.
Chez une autre de mes sœurs.
Sans ma mère.

Et juste là, quelque chose dans la douceur
des rayons sur l’asphalte a fait monter des larmes.
Comme l’image d’une tendresse.

 


Photo –  UN HOMME ET SON JOURNAL  * Ce matin – Montréal 2019

Nos échos mêlés

tu voudrais y être, m’écris-tu
alors que tu y es tant
par la vie qui quand même
te semble encore si belle

Photo – SOUS UN AUTRE ANGLE * Matin du 5 septembre 2019 – Montréal

Les yeux au ciel

Un matin à se fendre.
Et mes pas qui se font plus lents.

L’air est frais par la fenêtre. Et le vent est triste d’elle.
De ce qu’elle ne dit plus.

C’est vrai que je ne sais rien. Vrai pour la rosée aussi.
Et pour l’île qui s’éloigne au gré de la mer vivante.

Le monde est vaste à s’y perdre, et vaste à s’y aimer.
Tant qu’il s’y trouve des rivières pour nos ruisseaux de peine.

Juste un matin à se rendre.
Les yeux au ciel.

Photo – À PLEIN SOURIRE * Fin d’août 2019 – Montréal

Ni devant le matin

je ne sais rien devant la pluie
au mieux je joue à vivre
au pire je perds ma vie

chose certaine je ne sais rien
ni devant le matin non plus

 


Photo –  FOULE FLOUE * Septembre 2019 – Montréal

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