Symphonies humaines

Dans un monde qui n’accorde
aux aspirations d’ordre humain
qu’une valeur souvent dérisoire,
si l’on ne tend pas l’oreille avec force vive,
le brouhaha ambiant, assourdissant qu’il est,
tend à nous dérober la musique de l’âme.
Et des coeurs.

ESPACES INTÉRIEURS - Ligne orange, décembre 2014, Montréal

ESPACES INTÉRIEURS – Ligne orange, décembre 2014, Montréal

Musculatures

J’exerce chaque jour
ma capacité de gratitude.
Tout comme les muscles de mes jambes,
auxquelles je tiens profondément.
Parce que je me vois marcher longtemps.
Dans ma plus belle histoire,
je me rends jusqu’à très très très vieille
bien solide sur mes deux jambes.
Pour ce qui est de l’autre exercice,
celui de la gratitude,
je veux mettre toutes les chances de mon côté
de marcher vieille avec la tête en paix.

NEIGE, VENT ET GADOUE - Rosemont Petite-Patrie, décembre 2014

NEIGE, VENT ET GADOUE – Rosemont Petite-Patrie, décembre 2014

Ce qu’il faut pour vivre

je vois mieux qui je suis
la couleur de mon souffle dans le monde
le beau – sans doute – mais aussi l’ordinaire
pourquoi pas
tant que la vie continue
les jours de blancheur sur la ville et la montagne
moi qui marche en revenant d’aller voir Gaby
lui qui s’adapte parce qu’il le faut bien
quoi qu’on en fasse
il passera le temps

BLANCHEUR ET AUTRES TRANQUILITÉS - Mont-Royal, 12 décembre 2014, Montréal

BLANCHEUR ET AUTRES TRANQUILITÉS – Mont-Royal, 12 décembre 2014, Montréal

Journée glorieuse

C’était bon et doux.
D’être là avec elle.
Belle femme, grande femme.
Dans la tempête ensemble.
La première de l’hiver, la belle apporteuse de lumière.
Et revenir dans la quasi-noirceur.
Par les trous trafiqués dans les clôtures de la voie ferrée.
Et les vents qui soufflaient fort.
Allez la vie, amènes-en des vents. De bons, de grands vents.
Ça me rappelle qui je suis, qui nous sommes vraiment.

ENTRE LES CLÔTURES - Sur la voie ferrée, dans la première tempête, 10 décembre 2014, Montréal

ENTRE LES CLÔTURES – Sur la voie ferrée, dans la première tempête, 10 décembre 2014, Montréal

C’est déjà pas mal

Le simple fait d’être là.
Que les gens que j’aime y soient aussi.
En sécurité.
Y a des jours où je touche à ce simple bonheur.
Qui ne veut rien d’autre que la douceur du temps qui passe.

Il faisait froid, hier. Un vrai froid.
Ça rend vivant le froid.
On a marché. Les bras lourds de pommes au retour.

LES DOIGTS GELÉS - Hier, dans la Petite-Patrie, Montréal 2014

LES DOIGTS GELÉS – Hier, dans la Petite-Patrie, Montréal 2014

La soif

me rafraîchir aux arbres
et aux heures qui passent
tinquer la poésie
jusque dans les ruelles
me GRISER de la nuit
qui monte sur un ciel
MAUVE

et puis
cette autre soif
que je m’explique mal
qui salope les FLEUVES
les terres et les forêts
celle-là qui ne s’étanche
qu’à l’ABRI des scrupules
où l’on ne souffle mot
de la beauté
PERDUE
pétrodilapidée

LA NUIT MONTE DANS LA RUELLE - Fin novembre 2014, Petite-Patrie, Montréal

LA NUIT SE PENCHE – Fin novembre 2014, ruelle de la Petite-Patrie, Montréal

Dis, quand reviendras-tu?

Hier soir. Avec Anne.
On marchait dans ce morceau d’air tiède.
Les deux saoulées par lui.
Ça me fait un peu mal, pas toi?
Oui, comme un baiser parfois sur le quai d’une gare.

L'AIGRE-DOUX - Hier, rue Beaubien, Montréal 2014

L’AIGRE-DOUX – Hier, rue Beaubien, Montréal 2014

Samedi swing

Ça y est.
L’hiver.

Il y aura du ciel.
Et je m’habituerai.
Je l’aimerai même.
Quand je me serai souvenue
du bon du vent
du bon du vent qui me fouette
et me rappelle
le bon du sang dans mes veines.
Et puis y aura toujours les autobus.
Bref, bonjour l’hiver.
Mais t’aurais pu me le dire, hier
j’aurais mis un foulard de plus.

DANS L'ABRIBUS - Hier, Montréal 2014

DANS L’ABRIBUS – Hier, Montréal 2014

L’hiver de force

Gaby, mon beau Gaby.
Journée difficile, hier.
T’as pas envie d’être là.
Tu y vois la permanence.
Et le reste de tes jours.
Entre les mêmes murs.
Que tu connais pas.
Et ça fait mal, je le sais.
On va laisser un peu de temps passer.
Parce que le temps, souvent, sait y faire.
Surtout si on le mêle à la tendresse.
Faque tiens bon, mon Gaby.
T’es pas tusseul.

PAR LA FENÊTRE - Parc Lafontaine, hier,  en chemin avec Gaby vers un ailleurs, Montréal

PAR LA FENÊTRE – Parc Lafontaine, hier, en chemin avec Gaby vers un ailleurs, Montréal

Le temps avance

Mon amie Emma m’a demandé à quoi je crois.
On parlait de ma soeur, de sa mort récente.
À tout et à rien, que je lui ai dit.
Et puis j’ai réfléchi.
Je crois au temps qui passe, Emma.
Et à l’immense mystère qu’il constitue.
À l’idée aussi d’affiner mon regard, d’ouvrir plus grands mes yeux.
Et enfin, et plus férocement peut-être,
que là où la finalité n’est pas l’humain mais l’entreprise,
la pensée et le coeur y perdent quelques plumes.

UN BOUT DE CHEMIN - Sur le mont Royal, novembre 2014

UN BOUT DE CHEMIN – Sur le mont Royal, novembre 2014

No more posts.