L’apaisement

un beau mardi de printemps
où Coeur, à tâtons, cherche la mesure
le chemin à prendre
dans les méandres d’une histoire humaine
une histoire banale à l’échelle du monde
mais pas à l’échelle d’une vie

on y arrivera, dit Conscience
Corps, mieux reposé ce matin, abonde dans le même sens : oui, je sais
et Coeur, apaisé, retrouve les bras de la confiance

et depuis quelques jours, les roses
leur odeur, à laquelle je ne résiste jamais
plus enivrante encore que celle du lilas
je reconnais souvent de loin les rosiers les plus suaves
quand je passe près d’eux, les indigènes surtout
je colle mon nez contre une fleur et j’aspire un bon coup
ou j’en prends une, comme hier, pour faire durer longtemps

JOUR DE PLUIE - Viaduc St-Laurent - Juin 2014

JOUR DE PLUIE – Viaduc St-Laurent – Juin 2014

La faille et la force

C’en est un autre beau.
Parmi ceux qui règnent silencieusement sur la ville.
Sur une belle rue de Rosemont.
Je l’admire, chaque fois que je reviens de chez ma mère.
Il est époustouflant.

Encore ce matin, je pense à ma soeur.
Je pars chez mon oncle, comme tous les lundis.
J’essaie de me débrouiller avec cette sensibilité
qui semble être à la fois ma force et ma faille.

Mes branches intérieures, comme celles d’un arbre.
Et la foudre parfois qui frappe.
Et le vent qui fouette.

Je t’aime, ma soeur.

L'AUTRE GÉANT - Hier, dans Rosemont

L’AUTRE GÉANT – Hier, dans Rosemont

Le mois des longs jours

C’est une belle journée.
Pour moi, parmi les plus belles de l’année.
J’irai marcher plus tard aujourd’hui.
Avec ma bonne amie Anne, revenue de Turquie.
Mais j’irai voir mon oncle avant.
Je penserai à ma soeur aussi, à l’hôpital depuis quelques jours. Et à ma tante.
Pas trop quand même, parfois j’ai tendance, mais ça sert à rien.
Et j’essaierai autant que je peux d’être dans la gratitude.
De voir ce que j’ai, ce qui est là.
De un, c’est juin. Les jours sont longs. Comme je les aime.

MONTER LA MONTAGNE - Début mai, Montréal

MONTER LA MONTAGNE – Début mai, Montréal

La peur

Quel est son contraire?
La paix?
Le courage?
Ou simplement, la vie.
Car sûrement que la peur
nous la sape.
Alors son absence
nous la donne.
En pourcentage,
à quel point suis-je vivante?

LA BELLE M - Montréal, mai 2014

LA BELLE M – Montréal, mai 2014

Comme je l’imagine

difficile de vivre sans succomber
aux tendances
aux idées à la mode
aux soi-disant besoins de l’époque
aux offres de bonheur
aux chemins de puissance

j’aime sentir le pouvoir que j’ai sur ma vie
choisir les choses auxquelles j’accorde de l’importance
et j’ai horreur des moutons en moi
ces petits zozos insignifiants
qui s’arrêtent seulement au clinquant
et au plus retentissant
je les envoie paître autant que je peux
dès qu’ils s’amusent avec ma tête, je sors mon arsenal
et vlan où ça compte!
si je manque mon coup et qu’ils me broutillent le coco
je réattaque en grande, pas question que je les laisse faire
parce qu’elle passe trop vite, il me semble
je me la joue donc en jalouse pour en garder autant que possible pour une histoire à moi
mon beau grand champ d’imaginé, où je cultive de folles et tendres images
après, quand on me dit que je suis dans le champ
je prends ça comme un compliment

L'HOMME QUI MARCHAIT - Mai 2014, sur le mont Royal

L’HOMME QUI MARCHAIT – Mai 2014, sur le mont Royal

Nos âmes façonnées

J’écris ce que je vois.
Et parfois, je vois à peine.
Je deviens aveugle peut-être.
Pour mieux voir après? Qui sait.

Lui est dehors en train de réparer.
Quelque chose.
Pendant que je ménage. Fais du ménage.
Hum.
Dites-moi, est-ce qu’on ménage en faisant du ménage?
On se met en ménage pour faire du ménage ou pour ménager?
Et en ménageant, on ménage qui? Les autres?
Ou les mésanges, peut-être… ?

Mardi matin, joli délire, gentil délire. Voulu, heureusement pour moi.
Je façonne mon esprit, mon âme, à chaque pensée que je forme.
Mon esprit, comme mon corps, change à chaque seconde.
Selon ce que j’y mets, et selon ce qui m’entoure.
Du moins, c’est ce que je suppose.

QUAI DE MÉTRO - Montréal 2014

QUAI DE MÉTRO – Montréal 2014

Danse intime

C’est tout un art que d’enlacer
sans se perdre un peu

Je me perds
me retrouve
et me reperds

dans toutes mes étreintes

SENTIER DE MONTAGNE - Mai 2014

SENTIER DE MONTAGNE – Mai 2014

Amour d’eau

J’ai parlé à l’eau, ce matin.
En prenant ma douche.
Merci, eau.
D’être là.
Chaude, froide, autant que je te veux.
Une chance que j’t’ai.
L’eau m’a pas répondu.
Elle s’est contentée d’être de l’eau et elle a continué de couler.

carolinedufourtrio7CHACUN SON HISTOIRE – Mi-mai, Montréal 2014

Le plus beau vert

j’ai pris le soleil ce matin
comme un cadeau d’anniversaire
et la longue lettre d’une amie
comme le plus beau présent du monde

carolinedufourvert3TENDRE – Sur la montagne, à la mi-mai (Montréal 2014)

Sur un cheval blanc

Je suis tombée amoureuse d’un arbre cette semaine.
Il avait tout d’un prince charmant.
Il m’a emmenée sur son cheval
au moment où je dessinais dans ma tête
la nostalgie d’enfants qui jouent auprès de vieux qui chantent.
Je pensais à ce chemin pris il y a longtemps déjà
qui menait là où on se trouve.
D’un bord nos vieux, de l’autre nos petits.
L’évolution industrielle.
Et la tribu à la poubelle.

En galopant, on a parlé des belles choses.
Et j’ai senti le vent qui portait le temps doux.

CHEVALERESQUE - Érable à sucre, Jardin Botanique, Montréal (mai 2014)

CHEVALERESQUE – Érable à sucre, Jardin Botanique, Montréal (mai 2014)

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