Certains grandissent au pied d’une montagne. Pas moi. Moi j’ai grandi en ville, entre le fleuve et la voie ferrée. Un temps qui m’apparaît court et dont je garde peu de souvenirs. Comme du reste, d’ailleurs. Les souvenirs m’échappent vite. Et ma nature est telle que je ne les cherche pas.
Ce matin, le ciel de ma ville est gris.
Ou plutôt blanc. Mais moins que la neige.
Les choses prennent le temps qu’il faut.
Pendant ce temps, la lune s’assoit pour nous y voir.
La lune belle d’entre les nuits.
Et la flétrissure qui nous guette. Depuis rien qui ne soit très grave.
La vie, la mort, comme en rivière. Autant de gouttes vers la mer.
Elle est partie, le lac était tout blanc. C’est si paisible là-bas.
Photo – J. EST PARTIE – 1er février 2020, en revenant vers Montréal
Poésie et photographie
(Montréal, Québec)