Sa grâce qui revole
en grand geyser de rires
ou en claire fontaine
qu’elle offre à qui veut prendre.
Et sa beauté géante
trop souvent délaissée
mais tout va si vite dans nos mondes
qu’on pense moins souvent à la terre
et aux sources vives.
Articles par :Caroline D
Vieille et rebelle
Elle résiste.
Comme une feuille qui s’accroche en hiver.
Je la vois qui s’acharne, se fâche, s’énerve.
Parce qu’elle ne comprend pas ce qui se passe.
Le sait un instant, et puis oublie.
Entre autres, qu’elle ne voit plus.
Puis il y a tous ces moments où elle chante. Et où elle rit de bon coeur.
Et je me dis que ça a quelque chose à voir avec sa légendaire désobéissance.
Les attentes
La suite des choses
Le temps d’une bourrasque
Une vie plein la tête
Son cerveau génère des images
mais ses yeux ne voient plus, madame.
Après 91 ans, d’un coup,
à cause d’un peu de sang
là où le cerveau sait y voir,
ma tante ne reverra sans doute plus le monde.
La même chose, de l’autre côté,
s’était produite il y a cinq ans.
Ça y est donc des deux côtés.
C’est arrivé il y a dix jours.
Elle a le coeur gros.
Mais elle a continué de rire.
Et de me faire rire.
Elle est où ma main, ma tante,
la voyez-vous?
Deux ou trois secondes s’écoulent
où ses beaux yeux bleus cherchent en vain.
Puis elle saisit l’occasion.
Accrochée après ton bras…
Et moi qui éclate de rire.
Et elle qui sourit de triomphe.
PLUS HAUT PERCHÉE – Sur le toit de la Maison Smith (Mont Royal, Montréal, novembre 2013)
Une montagne, des citrons et du chocolat
Une montagne.
Pour y être et marcher.
Seule ou pas.
Et sur une île déserte,
je voudrais du millet, des oignons, du miso et des citrons.
Je sais, je sais, c’est grano, mais c’est ça.
Et des pommes aussi.
Des spartan ou des cortland.
Pour le reste, j’ai en masse de stock dans ma tête.
Euh, à bien y penser, peut-être aussi quelqu’un à aimer de temps à autre.
Et un morceau de chocolat noir.
Avec le temps
Je fantasme sur une vie plus tribale
où tout se ferait sans qu’on y pense autant.
Moins de cérébral. Pour plus de coeur.
Plus de gestes. Vers la terre et vers l’autre.
Et à chacun son temps.
De naître.
De prendre soin.
D’être soigné.
Et de mourir.
Ce serait simple. Et plus aisément heureux, il me semble.
Un monde où le temps serait de l’amour.
Plutôt qu’on sait quoi.
Tout plein d’enfants qui jouent
près de vieillards qui chantent.
J’appartiens à l’espèce prétentieuse.
Trop certaine de faire mieux que les chiens et les singes.
Et souvent oubliante qu’avec le temps, de toute manière, tout s’en va.
Lecture et bottes de pluie
Il était beau à voir.
La tête appuyée contre la cloison de métal,
complètement absorbé par son roman.
La tuque enfoncée bien bas
et le menton enfoui dans un énorme foulard rouge.
Et elle, tout aussi belle.
Ses longs cheveux roux détachés.
Sur un audacieux mélange de couleurs.
Et sa désinvolture tranquille qui venait couronner le tout.
La liberté sait y faire, je trouve.
Et je n’ai pas pu résister.
Dépouillement de saison
Je suis éblouie chaque fois
par la force-nature qui bat
au coeur de ma ville.
Ce doit être un secret pour plusieurs,
car par rapport à la masse urbaine
toujours si peu de gens y sont, il me semble.
C’est tant mieux pour moi.
Mais pour la conscience à long terme,
c’est peut-être pas très payant.









