De ce qui nous réchauffe

J’ai marché dans le froid polaire, hier. Parce que tous les jours, je marche. Peu importe le temps qu’il fait. J’ai trois paires de bottes d’hiver, dont deux paires très chaudes, faites pour les moins trente. Et même si j’avais mis les plus chaudes des deux, je suis rentrée à la maison avec les orteils froids. Ç’avait été, disons, supportable. Quoique mon corps, lui, m’ait exprimé tout du long un désaccord assez clair. Mes épaules étaient tendues, quelque chose résistait. T’en as pas eu assez, hier? T’en veux vraiment encore?

J‘aime faire face aux éléments. Ça nourrit mon désir de vivre. Reste quand même qu’hier soir, je ne suis pas allée à cette fête où je pensais me rendre. Je suis restée au chaud chez moi. On a mangé des sushis, peut-être les meilleurs en ville. Avec un verre de vin.

Mais si je me suis assise devant mon écran, c’était surtout pour vous offrir mes souhaits.

Je vous souhaite tout le meilleur, bien sûr. Mais là, plus précisément, j’ai envie de vous souhaiter le bonheur de vivre. Et des amitiés. Comme les décrit mon ami Christophe dans ses voeux du Nouvel An… des amitiés vraies, celles qui ne demandent rien et qui réchauffent à leur seule pensée.


Photo : UN MORCEAU DE L’HISTOIRE – Il y a deux jours, au coeur de ma ville, dans ce même froid intense

À ce qui tourne malgré nous

je te donne
exprès
comme on sert le café dans un matin à deux
tout ce que j’ai de mieux

le reste m’échappe

je souffle sur les draps
dans la beauté des heures

et sur mon chemin courbe
d’arbre et de dissidence
je cherche la tendre foule
derrière nos solitudes

et si j’aime le lac
et m’en ennuie, c’est vrai
la lumière sur la neige emporte ma langueur
il ne reste que le doux
de ma nostalgie de l’été

j’aime tant qu’on sache faire la gueule
aux mauvais rendez-vous

et les flocons qui tombent, là
sur le rythme
comme s’ils entendaient la musique

le ciel est rose au moment où j’écris ces mots

tout ça ressemble à l’important
au bel instable et aux grands vents

à ce qui tourne malgré nous


Photo : ROSÉ D’HIVER – Rue Beaubien, hier soir, dans un ressenti de -35 °C

Je suis le doute

je m’accroche à tes vagues
au sublime du monde
aux flocons qui déboulent
au moment où j’écris

et à la brèche, toujours la même
fidèle, qui me suit partout
je suis le doute
et tout le reste

j’ai invité fred et richard, pèlerin et jardinier
et leurs coeurs qui me bercent
dans la lumière qui remonte

et je m’accroche au rêve
que j’ai
pris dans la gorge
que tout ça n’est qu’un grand amour
aux mille couleurs folles

Photo : DES ÉCLATS D’OCÉAN – Avenue du Mont Royal, sur le Plateau – 20 décembre 2017

Tu lui ressembles

vas-y souffle sur ce bois d’âme
toi ni aigre ni cynique
qui ne fais que nous rêver libres

l’amour est tellement sans mesure
et tu lui ressembles


Photo : FEMME AU CARROSSE, FEMME AU SAC ET FILLE À LA JUPE OCRE
Avenue du Parc, dans Parc-Extension – 18 décembre 2017

Trous de mémoire

chaque jour dans la voix du matin
le poids de la mort et du monde

ah! le bonheur quand même
d’avoir des trous dans ma mémoire
des gouffres à désespoir
où j’peux larguer ad libitum
le lourd et l’inutile

c’est qu’ils aiment souffler à mort
les vents portants du marché
et le sol est moins cassant
pour les oiseaux légers

Photo : GRAFFITI, MUR, NEIGE ET TAILLIS – Avant-hier, le long de la voie ferrée 

Le chant de Rose (Rose’s Song)

Norvège, autour de l’an 1900.

j’ai misé sur l’art de l’utile et me suis adaptée
ainsi, depuis la terre où j’ai vécu
à travers forêts et montagnes, j’ai su ma liberté
et mes racines ont trouvé leur chemin

et si plus qu’il n’en faut j’ai cherché paraboles
c’est qu’on m’en a servies, à moi comme à tant d’autres
sur fond de couronnes et d’épines
et de gloires sanguinaires

c’est vrai que j’ai un sang teinté par l’art dévot
mais dans mes veines affluent les rivières sauvages
les neiges souveraines et les grands vents du large
et ces parfums musqués qui montent des sous-bois


Photo : INCONNUE / L’IMMIGRANTE – Vient de la même collection de photos trouvées dans une grenier de la Caroline du Nord. Celle-ci a été prise à Christiania (maintenant Oslo) en Norvège. Aucune date n’y est inscrite. Mais le photographe, Gustav Borgen, a vécu de 1865 à 1926.

L’encre d’une chair

l’encre d’une chair qui m’imprègne
un matin doré qui me baigne
et je vois plus loin que mes yeux

les vagues passent
et je ne retiens que l’amour

Photo : METAL FLAKES – Rue St-Laurent * 10 décembre 2017

Ne change rien

ne change rien
tout changera
de toute manière

et moi je ne demande rien
seulement que tu sois là

Photo : DOUCEMENT LA VIE – Près de chez moi * Décembre 2017, Montréal

Le temps de ce temps-là

vas-y emporte-moi
à travers tes p’tits mots, tes petites chansons
à travers tes p’tits pas, tous plus grands que mon cœur
je me ferai légère, légère et on rira
je me ferai tendresse, tendre et on chantera
et tu diras oh oh, et on s’esclaffera
on sera bien ensemble le temps de ce temps-là

Photo : SE PENCHER SUR LES HEURES – Novembre 2017

Où couve ton désir

dans ta traversée des nuits d’ambre
y en aura plus d’une qui mène
dans le grand lit de cendres
où couve ton désir

Photo :  RENTRER À LA BRUNANTE – Dans une rue du Plateau * 16 h 25, le 3 décembre 2017

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