Murmure d’hiver

j’avance et me retrouve
inoculée encore
sur une même route
de quiétude et de vent

j’ai dans le sang la liberté
des mémoires d’arbres et de rivières
et des amours à coeur portant

c’est d’elle que j’entends toujours
que j’ai déjà tout
et par elle que j’arrache
devant mes circonstances mondaines
la peur d’échouer ou de perdre

alors c’est elle que je rappelle
elle que je ramène
sur les lieux touchés de mon âme
pour sa lumière balsamique
et ses longs trottoirs dans la neige

Photo :  VOITURES, TROTTOIR ET ESCALIER – Rue d’Iberville / 14 Mars 2017

Bout de ruelle

La ruelle est belle. Avec au bout d’elle, un chien. La fille s’immobilise devant la blancheur et le calme, et laisse couler quelques larmes.

coeur d’hiver et de chardon
et ceux qu’on aime qui s’en vont
et repart la cadence
des jours dans leurs espoirs
bah bah, dit le chien
le monde va, le monde vient
et tombent les flocons
trois petits tours…

Et tandis que la neige lui embrasse les joues, la fille reprend son chemin.

carolinedufourchneb

CHIEN, NEIGE, RUELLE – Montréal, 15 mars 2017

Le beau et l’absurde

dans la tempête, je pensais à toi
à ce vent glacial qui est venu te mordre

de quoi trouver encore une fois
le sens du beau comme de l’absurde

le beau de la neige
et ce qu’elle entraîne de périls

le beau de l’amour
et ce qu’il amène de peine

Photo : NEIGE, VENT, FILLE – 14 mars 2017 / Rue D’Iberville, Montréal

Sur la pente du jour

petit soir tranquille
au coeur du monde
de mon monde
j’ai entendu des larmes tomber
des mots d’amour se dire
et des rires déferler sans savoir
juste pour déferler
comme autant de perles
sur la pente du jour
puis le soir est venu
et j’ai pensé que l’important
le plus important
restait encore l’amour

Photo : NOS ÂMES – Transport en commun / Mars 2017, Montréal

L’éclat de mes amours

la mienne souvent
reste la peur de dire
c’est qu’on m’a bien muselée quand même
déjà d’être une femme

et un cœur emporté – je sais
par un vent d’innocence

aussi c’est vrai que j’ai aimé
et parfois trop, diront certains
à ceux-là je réponds
sans tous mes amours éclatés
je n’aurais été que moins libre

Photo/Quadriptyque : L’ÉCLAT DES JOURS – Mars 2017, Montréal

Sur le fil d’un dimanche

un dimanche où la lumière
m’apparaît plus claire
le monde bouge les choses dansent
et j’ai l’idée que peut-être
je mourrai un jour
je sais, je sais, ne riez pas
ou plutôt, oui, riez surtout
tout va si vite
et sans ralentir jamais

Photo/Diptyque : DANS LES YEUX DE GABY – Mercredi matin

Un certain sourire

je la trouve belle

la photo est vieille
trouvée dans les affaires
d’un vieil oncle qui vient de mourir
et qui a longtemps voyagé

je ne sais pas qui elle est
au verso à la mine
il est écrit mme benier

ni où elle a vécu
un pays chaud sans doute
par le rideau sur la porte

mais je sais que
je la trouve belle

dans ses yeux je vois un sourire
et toute une vie et des tristesses
et si je plonge un peu encore
de l’amour et de la patience

tout ça du moins il me semble

Parce que la lumière

dans le fleuve des jours
la lumière
son impossible absence

et le printemps qui tend
vers ici
lentement

la montagne était de glace
et absolument belle
mais quand même
un p’tit enfer pour le dos
à peser chaque pas
pour ne pas tomber

j’ai marché avec anne
ça faisait longtemps ensemble
c’était avant qu’elle parte au japon

et l’hiver continue
les jours s’allongent
la valse du temps
qui se poursuit
et la lumière encore

il m’arrive de me dire
quel étrange miracle 

Photo/Triptyque :  TOUJOURS LA LUMIÈRE – Hier, entre montagne et plateau

Le ciel libre

je regardais le ciel
aussi bleu qu’il sait l’être

et puis dans le journal
une image

tous ces états d’urgence
et la poésie qui tremble
d’être mais si légère

et j’ai marché
et des heures ont passé
la lumière a changé

et je me suis dit
que l’art le plus fuyant
celui dont je rêve
à travers chaque image
chaque vers chaque silence
celui qui m’emporte et me fait continuer
et que je cherche par-dessus tous les autres
n’est toujours
que celui d’être libre

carolinedufouramrdevdes

RALENTIR AU SOLEIL (moment d’extase) – Avenue du Mont-Royal, cette semaine

Combien je rêve

combien je rêve
de ce bout d’histoire
où l’on se fond sans se pourfendre
aux confluents de nous

et c’est le coeur, je sais
qui un moment se tend
et l’autre se défend

et c’est le monde, tu dis
et c’est la vie
l’écorce aussi belle que le germe

mais combien quand même je nous rêve
enlacés jusqu’à nos ruisseaux

Photo :  CONFLUENCE – Cette semaine, sur l’avenue du Mont-Royal, avec la montagne en arrière-plan

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