on arrive du marché
avec des bleuets, des fraises encore
des maïs et des pâtissons
ici, maintenant, c’est l’apogée de l’abondance
jamais je n’ai eu hâte à l’automne, c’est vrai
mais j’aime l’automne
je l’aime comme on aime quelqu’un à qui on ne pense jamais
et qui s’pointe chez vous un matin sans invitation
avec un bon vent dans les mains, de la lumière dans les cheveux
et un sourire qui vous embrule l’âme
bien sûr que vous le laissez entrer
non mais sans blague, comment ne pas aimer l’automne
seulement il m’annonce le froid et tous ces vêtements sur le dos
et pour ça, je lui reste un peu rebelle, comme je le reste à l’hiver
ah mes saisons de tiraille
avec vos grands et lourds sabots
et votre immense force d’éveil
l’été est trop court à mon goût
mais quand même jusqu’au bout de moi
j’aime qu’il y ait les saisons









