Le juste retour de la liberté

Mot du lendemain – Je me suis exprimée ici en toute douceur sur une question d’actualité. Je comprends d’avance qu’on puisse avoir une vision différente de la mienne. Je vous lirai et vous répondrai si j’y vois une nécessité, en particulier celle de l’amitié. Mais je n’ai pas envie que ce blogue devienne un lieu de débat, et pour cette raison, je ne publierai rien dans la section des commentaires.

J’aime ma ville.
Il fait bon y vivre. Et la liberté qu’on y sent est remarquable.
Et rare sur cette planète.
J’ai vraiment de la chance de vivre ici.

Avec cette chance et les années, j’ai pu goûter à un certain humanisme.
Et j’en suis venue à déplorer l’existence des dictats, des dogmes,
et de toutes les idées qui participent au contrôle des esprits et des peuples.
C’est donc à partir de cette perspective d’ouverture et de liberté
que je me permets d’écrire aujourd’hui que de demander à quiconque
de choisir entre deux choses n’a pour moi rien d’outrageux.
Chaque jour, la vie nous demande de choisir.
Et d’assumer les conséquences de nos choix.
C’est le prix de la liberté. De celle que je connais, du moins.

Dans cette histoire, personne ne martyrise ni ne tord de bras.
Si quelqu’un tient mordicus à une chose
et que la choisir lui ferme l’accès à une autre,
où est l’outrage, je me le demande.
Dès que l’on vit une vie, on en délaisse une autre.

On apprend à nos enfants à faire des choix et à assumer leurs conséquences.
Personnellement, je vis tous les jours avec les conséquences des miens.
Et je m’imagine bien mal crier à l’outrage.

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Brume de septembre – Avenue des Pins, le mont Royal en arrière-plan (2013)

Les journées grises

Il y en a, bien sûr.
Des journées plus grises, j’veux dire.

Avant-hier, prise d’un urgent besoin de m’aérer l’esprit,
je suis partie profiter de ce que la pluie mouillait la chaussée
pour aller prendre un peu d’air avec mon petit canon.
J’ai marché plusieurs heures, pour m’aérer aussi le coeur.
Parce qu’il est souvent plus long à apaiser celui-là.
Et c’est comme ça que les contrastes offerts par l’eau ruisselante
m’ont permis d’oublier un peu ce qui avait noirci le jour.

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Fin d’après-midi, rue Prince-Arthur, Montréal – Septembre 2013

Pour que nos coeurs se posent

Lundi matin. Le deuxième de septembre. Ça sent l’automne.
Et là mon coeur, qui s’habille déjà de patience.
Parce qu’il sait que l’hiver s’en vient.
Et qu’il sera beau l’hiver, tout beau comme il sait l’être,
mais qu’il faudra jouer de plus d’ardeur pour danser sa danse avec grâce.

En attendant, la belle émeraude a déjà enlevé ses souliers.
Elle qui s’en va toujours trop vite, emportant avec elle
les portes ouvertes, le bruit du vent dans les feuilles,
les brises tièdes, les journées longues.
Moi qui aime tant danser avec elle, j’attendrai son retour.

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Sur le mont Royal – Été 2013

Le p’tit soulier rouge

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Rue St-Hubert, Montréal – 4 septembre 2013

Voici une rue où les gens abondent pourtant.
Mais où ils ne se parlent pas pour autant.
On entre, on achète peut-être, et on sort.
Et d’une porte à l’autre, on marche souvent sans rien dire.
Ici et là, si je suis à l’affût de la chose, il arrive que j’attrape un sourire.
Mais rarement plus. Ce qui me rappelle l’autre jour.
Je remontais une rue tranquille de Rosemont en revenant de chez ma mère.
Je portais pour la deuxième fois des souliers que j’ai achetés trop petits.
À l’aller, le gauche m’avait blessé l’arrière du pied. Une ampoule.
Je l’ai ôté au bout de quelques pas en me disant
que j’allais faire attention aux débris sur le trottoir.
Je trottinais donc doucement, mon p’tit soulier rouge à la main,
quand une dame qui marchait dans ma direction s’est adressée à moi.
– C’est la nouvelle mode?
J’ai souri.
– Tout à fait.
Arrivées au même endroit, on a parlé un peu.
De rien. De souliers trop petits.
Une femme si différente de moi qu’elle en était fascinante.
Et si pareille que ça m’a fait du bien.

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La beauté n’empêche rien

Un écho pour ceux et celles
qui ont été interpelés d’une même manière
par mon dernier billet…

et si je vous disais du vent
que sa musique dans les feuilles
est pour moi l’une des plus belles,
me reprocheriez-vous de taire
qu’il souffle parfois tellement fort
que sa portée devient cruelle…

de même si je disais du ciel
à quel point sa beauté m’emporte,
me faudrait-il vous dire aussi
que celle de la terre me transporte…

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En roulant sur la 15 – Fin août 2013

En passant, merci à vous qui me lisez.

Le coeur des femmes

Merci de le dire, Dany Laferrière. De l’écrire.
Tu as raison. Les femmes ont du coeur.
Suffit de les voir s’aimer entre elles.

C’est en regardant cette photo prise il y a deux jours
que ces quelques mots, lus ce matin, ont refait surface.
Mets-toi du côté des femmes, elles ont du coeur.
C’est comme ça qu’il l’a écrit dans son dernier livre.
Livre que m’a offert mon amie Anne hier.
Qu’elle-même est en train de lire et qu’elle a acheté pour moi,
ne voulant pas attendre de l’avoir fini pour le partager.

Et je pense au mien, de coeur.
À ce coeur qui m’a fait perdre et gagner.
Et que j’ai sans doute, selon certains, toujours trop écouté.
Mais je ne regrette rien.
Parce que quoi qu’on en dise, il est beau le coeur des femmes.

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On jase en préparant le brunch – Montréal, le 1er septembre 2013

Ce qu’on dira de nous

Un samedi matin de fin d’été.
À Montréal la tranquille.
Tout va comme d’habitude autour de moi.
Le bruit dans les rues. Et tout le reste.
La vie qui coule sans trop d’urgence.
Un journal ouvert et moi qui m’demande
ce qu’on dira un jour de nous.
De cette époque.
Où l’on vivait comme l’on vit.
Ambition. Matérialisme.
Culte du corps. Individualisme.
Guerres de religion. Attaques chimiques.
Que perdus quand même nous étions.
Un peu, ou beaucoup.

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Reflet de Lui dans une fenêtre – Montréal, août 2013

Se balancer dans le noir

pouvoir jouer dans la pénombre
sans peur aucune
les pieds sales
sur la terre encore tiède

Et ce matin encore je pense à ces enfants
… qui ont l’air de dormir mais qui ne dorment pas…
et à l’obscurité qui loge dans l’esprit des hommes
tellement qu’ils sont aveugles à ce qui compte vraiment.

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Dans un boisé des Laurentides – Août 2013

Le bonheur aussi joue à la cachette

Avec une pensée pour ces enfants de Damas
qui ne riront plus, ne danseront plus,
ne chanteront plus,
ni ne joueront à la cachette.

toi qui tant ris et danses sans regarder à la dépense
puisses-tu toujours te trouver là où le bonheur aime se cacher

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Sur le mont Royal – Août 2013

La belle voisine et son heureux bazar

Elle vend sa robe de mariée
et même ses chandails de hockey
me dit qu’les rêves c’était surtout
des jeux du temps par en avant
qu’aujourd’hui tout ça elle s’en fout
sauf pour les rires des enfants.

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Montréal – Août 2013

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