Le conditionnel présent

Le temps qu’on a perdu
Le fun qu’on aurait eu
À le laisser passer simplement
(Michel Rivard)

Je me suis dit que ça valait d’être dit
et que je n’aurais pas fait mieux
si j’avais voulu parler,
mais seulement si,
des choses et des sentiments
qui ne servent pas à grand-chose
si ce n’est peut-être qu’à nous rappeler
leur inutilité
et ce qu’on perd peut-être
à trop les regarder.

carolinedufourflanc-cv7cAU PIED DE LA MONTAGNE, DU CÔTÉ DE L’AVENUE DU PARC – Décembre 2013

Jour de janvier

Les rues brillent ce matin.
La pluie tombe et creuse des rigoles dans la neige qui restait.
Et tandis que je la regarde, je m’demande si je dois faire fondre
le petit bout de glace bleue qui s’est accroché à mon coeur.

Bien sûr que la beauté peut naître
de l’effort et la volonté.
Mais elle émerge si souvent
dans les rencontres improvisées.
Un lieu, des gens, un moment.
C’est plutôt là que je la trouve.
Le hasard est doué.

carolinedufourautobusrog2CROISEMENTS D’ÂMES PAR UNE VITRE D’AUTOBUS – Montréal, janvier 2014

Un mystère élastique

J’arrive d’une belle et longue marche.
Le temps s’est adouci, le froid n’est plus brutal.
Ça fait ma joie, évidemment.
Et d’avoir ce corps aussi, qui avance à volonté.

On existe.
On s’arrange.
Du mieux qu’on peut.
Dans ce monde, pour mystérieux qu’il soit.
Si on me demande, je dirais à souhait.
Déjà, que tout soit en mouvement.
Le coeur, le temps, le vivant.
Que rien ne reste pareil, jamais.
Et que tout puisse changer.
Entre autres et surtout peut-être,
le regard que je pose.
D’où le pourquoi j’en fais, c’est vrai,
ma plus belle astuce, ma douce gymnastique.

carolinedufourfant3cLES FANTÔMES DU MILE END – Décembre 2013

Pour le temps qui passera

Il est de la nature de l’évidence qu’elle passe inaperçue. Jean Paulhan.

La douceur des heures.
Le désir de poursuivre sa route.
L’amitié.
Les boulets laissés derrière.
Les reproches tus.
Du temps à prendre.
Et le souvenir de sa chance.

carolinedufourruerachel7Rue Rachel – Décembre 2013

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