Concernant l’aire économique.
On me dirait que j’y marche sur la pointe des pieds.
Et je répondrais peut-être.
Que je crains de concourir à l’assourdissement du monde.
Photo : FLOTTEMENTS * 15 février 2019 – Montréal
tes larmes sur la pierre
et ton coeur, sans autre raison
je n’y sais rien
que le temps lent au milieu de l’hiver
tellement rien
que le pas devant nous
même pas demain
c’est vrai
qu’on fabule surtout
et là, ce matin
le soleil sur la neige
Photo : REFLET SIMPLE * 14 février 2019 – Montréal
donne-moi l’ombre et la faille
mais donne-moi
le blanc, le noir
le début, le milieu
et la fin de l’histoire
mais donne-moi
tes montagnes et tes lacs
tes neiges et tes déserts
tes amours et tes peines
et tous tes vents d’hiver
donne-moi le jour et le soir
les coups de désespoir
la suite et l’abandon
mais donne-moi
je m’occuperai de vivre
Photo : LUNE DE VERGLAS * Avant-hier soir – Montréal 2019
On se fait quoi.
L’un et l’autre. L’un à l’autre.
Des choses tendres. Et dures aussi.
Encore, ce matin, le soleil en découpe.
D’ici, je ne vois que sa portée.
Son éclat sur la neige. La blanche et la sale. Pareil.
Et mon cœur qui bat à mesure des mots.
Qui monte vers ma gorge. De peine et de joie.
Photos : PAREILLEMENT LE JOUR (diptyque) * Montréal – Janvier 2019
Dimanche. La neige semée sur les voitures.
Le ciel est gris. La rue est brune.
Hier matin, quand elle a vu
qu’il faisait moins douze dehors,
elle s’est dit qu’il faisait doux.
Y a pas de doute, quand j’en suis là,
c’est qu’on est au coeur de l’hiver.
Et ce matin, entre son café et la fenêtre,
elle continue d’écrire. De faire ce qui,
quand elle se lève, l’arrache d’elle
et la remet au monde.
*
Je te dirai ma gloire. En silence.
T’as pas besoin d’y voir.
Je te dirai mon coeur. En partance.
Pas besoin de vouloir.
Un seul regard y fait.
Pour que le temps se pose.
Un seul regard.
Et le jour se dépose.
Photo : LE CACHE-COU * Montréal – 24 janvier 2019
Pour A.
je me souviens
qu’on allait faire des tours dans le ventre de l’aube
on goûtait au bonheur à coups de poésie
on s’étendait ensemble sur le chemin de fer
la tête sur le métal à guetter le bruit
du train qui autrement déchiquèterait nos corps
et on se levait à temps
riches d’être vivants
Photo : L’IMMOBILITÉ * Montréal – 24 janvier 2019
un peu de toi, un peu de moi
et qu’on y danse
comme la blanche folle
à s’y geler mais tellement belle
à remplir le vent et le ciel
un peu de moi, un peu de toi
et qu’on y rie
même dans les creux de ta tourmente
ramasse-moi, je n’ai pas peur
on se connaît presque par coeur
Photo : LA CARESSE BORÉALE – Avant-hier, dans mon quartier – Montréal 2019