Le fou d’envol

d’où je suis, je vois les îles tendres
où les coeurs boivent à la source des songes

je vois l’oiseau aussi
le libre le beau
le fou d’envol qui sait l’espoir

berce-nous
que nos peaux et nos âmes se souviennent

Photo : ARBRES, NEIGE, CIEL, FEMME – Il y a deux jours, sur le mont Royal 

C’est vrai, Louise

carolinedufourfilpfs

jours de serrements
la gratitude s’use
sur le tissu des jours présents
et de notre impotence

comment le dire sans la nommer
la pale en anagramme
la ville faille
miroir ultime de nos laideurs

ils ne peuvent qu’être morts déjà, des morts-vivants
ceux qui dans leur délire assassinent les tendres
leurs ailes nécrosées
leurs âmes gangrénées

la gorge, le coeur
fureur et paralysie
si seulement les mots
tels des bombes larguées sur les barbaries
et des baumes
versés sur les blessures

˜

Photo : Décembre 2016, Montréal

Dans le chuchotement de l’aube

elle était si belle la neige d’hier
que j’y suis allée user mes hanches
sur les trottoirs glissants

et là que l’aurore se glisse sur la belle blanche
après la une un peu glauque du journal
et quelques rêves flous qui tendaient du côté sombre
je pense à nos amours et à nos prétentions
à nos bontés en eaux claires et nos crimes en eaux sales
nos murmures en surface et nos cris enfouis tout au fond

tout ce noir et ce blanc
pour y trouver entre les deux
du ciel et du vent
et le parfum des jours

carolinedufourmeenftisc

LA PETITE INCLINAISON – 12 décembre 2016 * Montréal

Au bord du jour

dans l’anonymat des grands vents
et la musique du chaos
dans tous nos feux à corps noués
et ces espaces, même troués
des illusions perdues
dans tout ça, partout
j’entends encore chanter le rêve

comme là, au bout de la nuit
quand verse l’astre blanc sur l’île sombre
même sans dessein ni promesse
car le matin dévore tout
pour l’infiltrée qui s’est éprise

c’est qu’elle se tend, la nuit
s’enroule sans fin, la nuit
plus mystérieuse qu’on ne le sait
elle ressurgit, la nuit
comme le jour
sans besoin de raison

le monde se suffit à lui-même
le reste n’est qu’un morceau de rêve

˜

Photo : PORTE BLEUE- Rue St-Jean, à Québec – Décembre 2016

Les états sensibles

refaire tant que je peux
en attendant de voir si la folie l’emporte
quand on sème dans la mémoire sensible

si je te reconnais, je meurs
et mes cellules dansent
se déploient dans la perte plus fort que dans l’avoir
redessinant le vide pour mieux danser encore

carolinedufourdefisa

À LA CROISÉE DES ÂMES – Avant-hier, près de chez moi

Ce qu’on a déjà

ça fait longtemps que je fuis
les lieux du haut vouloir
parce que pour chaque chose qui s’y trouve
on volerait du vent à ma peau
et des heures à mes jours

lac_keno_michl_nov2016

Parti depuis vendredi, il est rentré hier avec cette photo dans sa manche.
– Si tu permets, je vais la partager sur mon blog. Je dirai qu’elle vient de toi.
– Pas besoin, qu’il me dit. C’est pareil.

Son aspect monochrome est naturel. Je n’ai rien retouché. Vous pouvez l’agrandir en cliquant dessus. Deux fois même.

Si cette photo me touche autant, c’est qu’elle arrive un peu à dire l’ineffable de ce lieu. C’est dans la baie Simon Couche, au bord du lac Kénogami, à cinq heures de voiture au nord-ouest de Montréal. La nature là-bas est aussi sublime que sauvage, et pendant plusieurs années, j’ai pu y aller souvent. À vol d’oiseau, vous verriez qu’une rivière se jette dans cette baie souveraine. Et qu’elle-même ne forme qu’une toute petite parcelle de ce très grand lac, qui fait 57 kilomètres carrés. C’est l’un des plus beaux endroits que j’ai vu de ma vie.

Bleu sauvage

je nous aime
quand on berce la noirceur
qu’on l’enveloppe de nos rires
dans l’ombre tendre et vive
des amours sans couteaux

et je nous rêve sur mille temps
bleu sauvage
sans ni peur du feu ni du vent
comme l’arbre libre parce qu’il se sait
vaincu d’avance par sa sève

même dans ce qui brise
il y a la poésie

c’était avant-hier
y avait du frimas sur les vitres
et toi, et eux
comme si tout était là
dans une des belles nuits du monde

la vie arrimée à nos corps
et la neige mouillée qui fondait sur nos ombres
on n’avait seulement qu’à y croire
et bien sûr un peu
à réchauffer le temps qui passe
et sans tout se dire on s’est aimés encore
c’est toujours ce qu’on a de mieux

carolinedufourblsavbsd

COULD BE THE LAST RAIN OF FALL – Cette semaine, près de chez moi

Et le temps qu’elle me donne

le temps est mon histoire, dit-elle
je glisse sur la mienne au gré des rivières blanches
les flots sont forts et les fonds sombres
les courants noirs et clairs
savants de leur écume et leurs bouillons d’enfer
j’ai pas peur de grand-chose
du moins dans mon histoire
la vie se donne le temps
et le temps qu’elle me donne

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18h30, RUE ONTARIO – 21 novembre 2016

Modikalé belle

– Je sors en avant, la prendre en photo…
– Quoi? me lance-t-il de la cuisine.
– La neige… la neige… les pas dans les neiges…

j’en arrive tout juste
les doigts un peu gelés en tapant ces mots pour vous le dire
mais la voilà revenue la toute blanche
pis j’me sens pas mal comme une enfant ce matin
même si j’sais très bien que quand elle va repartir
en remportant sa froideur avec elle
j’me plaindrai pas une miette

en attendant, maudit qu’elle est belle

˜

Photo : C’EST L’TEMPS DE SORTIR LES PELLES- Sur ma rue, en regardant vers le nord, ce matin

Le sens du drame

c’est plus doux que novembre
mais c’est novembre
aujourd’hui j’ai marché dans des contrastes aigus
sous la pluie fine
dans un monde différent d’hier
par sa seule température

je l’aime ce monde
même avec son sens du drame
sa bêtise, ses petits gars tristes et cons
qui se retrouvent avec des jouets trop gros pour eux
et qui ne l’admettront jamais

le monde est aussi fou qu’il peut

pendant ce temps-là
je continue d’aimer la brume
et le ciel dans son clair de lune

c’est plus doux que novembre
mais c’est novembre

carolinedufourdeho

SUIVRE LE TEMPS – Hier, dans mon quartier

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