Tant de vies.
Tant d’amour.
Et de tentatives.
On fait de notre mieux toujours.
Pour plus d’amour.
En créer. En donner. En recevoir.
Nombre d’entre nous du moins.
J’ose le croire.
Les parfums obligés
Les soupçons pèsent pour ce billet sur quelque ancienne fibre nomade.
Certains mots parfois me hérissent.
Même que trop de leur effluve me donne vite la nausée.
Par exemple, retraite, et fond de.
Non pas que je nie qu’on puisse y trouver une certaine inspiration.
Et quelque substance apaisante pour nos cerveaux reptiliens.
Mais tandis qu’on aime souvent nous les voir humer à outrance,
les inhaler coûte que coûte et toujours plus à fond,
j’aimerais bien pouvoir signaler certaines allergies possibles.
Y a-t-il quelque part un bureau où je puisse le faire?
Trio urbain
Montréal-la-secrète
Bien que née sur cette île, je la découvre encore. C’était hier.
J’ai exploré, avec mon amour, dans une vieille bagnole prêtée
qui a même chauffé un peu nous forçant à rouler lentement,
des endroits de ma ville que je ne connaissais pas.
Pour faire un tour d’auto, comme aurait dit ma mère.
Je ne me doutais pas en m’éveillant le matin
que j’assisterais le soir à un grand spectacle.
Et vous n’en voyez qu’une toute petite partie.
La finalité des choses
Si on me le demande, je dirai que la nature sait y faire mieux que personne
quand il s’agit de rendre belles, en s’aidant des arbres et du temps,
ces constructions que l’on préserve qui nous parlent d’un temps d’avant.
En admirant ces vieux silos il y a quelques jours,
habilement bâtis par des hommes,
j’ai eu l’image de la vision qui les a fait naître.
Celle, d’abord, de nourrir la Communauté.
De fournir aux gens de quoi faire le pain.
Et j’me suis entendue penser,
pour la ixième fois, et je n’en démords pas,
qu’il est malheureux qu’aujourd’hui
la finalité soit d’abord l’entreprise.
Au détriment de tant de gens.
Y a du bonheur aussi dans les ruelles
Les belles surprises
De ce plaisir que j’ai à attraper des moments,
des images, des gens sur le vif.
Même tard le soir. Comme hier,
en descendant St-Laurent doucement
pour profiter de la sensation
que nous procurent ces nuits d’été.
Et ce matin,
en exagérant les teintes foncées,
avoir la surprise d’une belle image,
comme une peinture ancienne,
de gens que je voyais à peine
de l’autre côté de la fontaine.
Il faisait trop noir pour moi.
Mon p’tit canon a des yeux de chat.
D’air et de temps
Il m’arrive souvent de trouver beau
ce que l’air et le temps font aux choses.
Les traces qu’ils y laissent sans y penser.
Et ainsi voilà que j’aspire
à me vivre libre comme l’air, ou presque.
En y pensant juste assez, sachant que de toute manière
je n’y laisserai jamais qu’une trace infime.
Et que la forme qu’elle prendra, si elle dépend un peu de moi,
dépendra toujours et surtout du temps et de l’endroit.
Les belles choses
Il va sans dire qu’à mes yeux,
le plus beau du beau appartient encore au naturel.
À ce merveilleux mystère qui crée l’insurpassable.
Du bruit du vent dans les feuilles, jusqu’au lointain de la mer.
Mais quand même.
Par ces visions qu’on exauce pour essayer de l’imiter,
il nous arrive parfois de mettre au monde de bien belles choses.










