J’étais sur la 10 hier
au beau milieu de l’après-midi
direction Bolton
et malgré la quasi-absence de soleil
pendant plusieurs minutes
la lumière
et tout le reste
m’ont semblé parfaits
et ne cherchez pas de lien
bien qu’il y en ait toujours
mais voilà que ce matin
j’ai lu et aimé :
« À l’époque, la question était moins de me chercher une vie que d’essayer d’en inventer une à laquelle je puisse croire. »
Extrait de Constat d’accident et autres textes, Paul Auster, 2003, chez Actes Sud.
Parce que l’aigreur
me donne
infailliblement
mal au cœur
comme un mauvais hamburger
et le mépris
royalement les bleus
et sans doute très mauvaise haleine,
je préfère m’amuser.
Et de beaucoup, l’amour au reste.
Je l’ai transformée un peu, bien sûr.
Pour qu’on ne la reconnaisse pas.
Reste qu’elle était belle la skieuse.
Et la lumière aussi.
Et me revient cette phrase
que j’ai lue hier.
Victor Hugo a écrit
que c’est de l’enfer des pauvres
qu’est fait le paradis des riches.
S’il était là devant moi
j’acquiescerais et j’ajouterais
pour la seule conversation
que là où bien des enfers décillent les yeux
bien des paradis rendent aveugle.
Je sais qu’on m’en accusera
mais je dirai quand même
que je m’ennuie assez souvent
de ce temps où dans le bus
les yeux se posaient
sur les autres
ou dehors
ou sur les lignes d’un livre
ou d’un journal de papier.
En m’éveillant ce matin
j’ai pensé la vie comme une suite de rencontres.
Où gens et évènements défilent, grands et moins grands.
Des rencontres.
Certaines qu’on fait, et d’autres pas.
Impossible d’être partout à la fois.
Moi j’aurais bien aimé.