une fenêtre
et un ciel d’automne
l’enfant dirait que tout y est
des morceaux de soleil et d’ombre
toute cette lumière qui danse
entre corps et ciel
vouloir ne savoir
rien que vivre
Photo – FILLE ET VÉLO * Le 27 septembre 2019, Montréal
devant les jours
et les lits des rivières
il est facile d’imaginer
le ravin clair
la feuille et son désir
le tourbillon des rires
et jusqu’au vent qui valse
sur les tronçons de l’âme
la harpe qui dégoutte
ses gouttes de nylon
et le temps de le dire
et l’érable qui rougit déjà
toujours
avant les autres autour
et ma déroute douce
où le soleil perce un peu
me berce
l’automne est beau
et je sais que j’aimerai
quand même et déjà
l’hiver
sa blancheur et sa lumière
Photo – AU BOUT DE LA MARCHE * Le 27 septembre 2019, Montréal
C’est quand même le vent qui gagne,
me murmure la feuille.
Devinable, je me désole
de voir s’approcher l’hiver.
Joueuse, je me console
à beauté d’aube et d’automne.
C’est dire, encore,
combien j’ai long de ciel
pour regarder passer le temps.
Photo – HOMME, FILLETTE ET TROTTINETTE * Le 25 septembre 2019, Montréal
– Où est passée l’ivresse? me demanda un jour le clown.
– Euh…
– En fait, je voulais dire « où est passée la menthe » ?
∼
Ça y est, les outardes s’éclatent au-dessus des maisons.
On a rentré les plantes au chaud.
Hier, en binant le jardin, j’ai trouvé un espoir.
Une petite pousse de menthe, de celle que je préfère.
Je pensais l’avoir perdue à cause du printemps froid.
Photo – CORDÉE D’AUTOMNE * Septembre 2019, Montréal
les notes roulent dans l’air
comme des clairs de ruisseau
et toujours ce désir
sous le ciel de l’automne
là où les mots étanchent ma soif
par une étrange fidélité
c’est l’appétit dans nos regards
qui me tient près
les années ne me mènent à rien
qu’à ce que j’ai versé sans attendre
mon souffle y passe jusqu’à l’aube
et les minutes belles
le feu dans l’ombre et dans l’ébat
même au plus perdant de l’attente
la lumière qui revient
j’y serai autant que j’y suis
désarmée et vivante
Photo – LE VISAGE * Septembre 2019, Montréal
fin d’après-midi
on avait rendez-vous
j’ai trouvé pour t’attendre
un mur de ciment
un dernier recoin chaud
à l’abri de l’ombre
j’y serais restée encore
à regarder les gens
qui rentraient du travail
les rayons d’automne sont parfaits
pour y boire à fond le soleil
Photo – BÉTON * Mi-septembre 2019, Montréal
Ne me cherche pas, dit-elle. Je resterai sauvage.
Mon coeur prend flamme trop vite.
Et mes jours, comme les tiens, sont comptés.
Alors n’attends rien de moi – que moi-même.
J’ai le coeur grand comme le monde. Et fragile comme lui.
Je sens déjà ton poids. Tout ton amour aussi.
Alors, ne me cherche pas. Tu m’as déjà trouvée.
Photo – UNE MISSIVE D’AUTOMNE (POUR A.) – Le 12 septembre 2019 * Montréal
et nos berges qui restent exposées
aux courants des rivières
la tienne, la mienne
sinon, dis-moi
qu’aurions-nous pour nous vivre?
∼
les branches dansent dans ma fenêtre
comme une invitation
si j’ai une seule certitude
c’est celle du miracle
dans le soleil levant
pour le reste je n’ai trouvé
aucun précis d’amour humain
à part quelques rudiments en poésies d’aurore
des carnets de désirs semés dans le temps
de quoi rêver encore
le ciel et le vent
Photo – COULÉES DE SEPTEMBRE * Avant-hier dans mon quartier – * Montréal 2019