sublime lueur qui me tire du lit
ta liberté sera la mienne comme celle de l’érable en avant
ta liberté et le temps pour y danser le monde
Photo : EN PASSANT PAR L’AUTOMNE * Dans le Champ des Possibles, avant-hier.
il fallait bien que le temps passe
sinon il n’y en aurait pas eu
un peu aussi que la vie flanche
sinon je n’en aurais rien vu
et voilà que l’automne se penche
pour y laisser venir l’hiver
et moi qui ne demande pas plus
que d’en être et n’en parlons plus
∼
Photo : RUE DE LA ROCHE * Hier, dans mon quartier
Ils étaient partis plus tard qu’ils ne le voulaient.
Mais la route avait été belle.
Avec de la neige dans les hauteurs de la réserve faunique.
Et là, le feu crépitait dans le petit poêle.
La cabane se réchaufferait vite, elle le savait.
En attendant, elle irait faire quelques pas sur la grève.
Le vent, plus froid que la dernière fois.
Le lac, le même, mais pas.
Pareil pour le ciel.
Les yeux sur la montagne d’en face, elle voit la buse qui tournoie au-dessus des arbres dorés. Plus tard le même jour, elle verra le huard, au loin, glissant sur l’eau dans son manteau d’hiver. Puis au fil des heures, à partir du jour du milieu, elle sentira le temps qui s’accélère.
on s’est fait un banc avec du bois de grève
et trois rondins de peuplier faux-tremble
un banc pour s’assoir près de feu
plus le départ approche
plus les heures me sont courtes
Photo : UN GRAND HÉRON, LA NUIT * Au bord du lac Kénogami – Octobre 2018
je nous ai vus
qui courions loin de l’aube
vers des miroirs éclatants et de grands paravents
et puis je nous ai vus nous aimer comme des fous
sous un ciel aussi vaste que nos yeux devenus
à rêver d’un monde où le tendre
ne se lasserait pas
et partout il y avait le temps
qui jamais ne se perd ni jamais n’est perdu
qu’importe le lit ou la rue, le beau ou l’ordinaire
le temps
pour y bercer le rire jusqu’au bout de la nuit
tant qu’il y reste un coeur encore ému à prendre
∼
Photo : LE ROSE D’I * Sur le mont Royal – Octobre 2018
L’esprit disloqué par le poids.
Le poids de rien, surtout.
Puis un froissement de désir.
Pour le corps dans l’espace.
Sa lourdeur et sa gravité.
Dans des bras, peut-être.
Mais aussi.
Sur le plancher d’une ville.
Ou par le ciel d’une fenêtre.
À regarder le temps.
Un froissement de désir.
Et le monde t’a réapparu.
∼
Photo : IMPRESSION D’OCTOBRE – Hier, rue Laurier * Montréal 2018
le douze septembre
la rosée brille sur le feuillage bas
le soleil a franchi la montagne d’en face
et doucement il réchauffe ta joue
le trente du même mois
une photo pour ton cerveau plastique
tes yeux qui ne savent pas faire le vent sur ta peau
ni l’odeur de la brume dans l’air
∼
Photo : DANS UN DES CREUX DE L’AUBE – Septembre 2018, Lac Kenogami
dans l’intimité du matin
et de la pluie d’automne
tu l’aperçois soudain
ton désir plus vivant
au seuil des petits gestes
et des petites choses
dans l’intimité du matin
et de la pluie d’automne
quand se fane la rose
∼
Photo : TRANSPOSER LE JOUR – Septembre 2018, Montréal
samedi de vent sur ma ville
et la lumière qui dore tout
ça y est, le temps bouge
faux de rat mi-fer
le secret des ombres
l’âme qui recèle
jusqu’au corps muet
le doigt sur les lèvres du jour
ce grand silence qu’on interprète
le monde est quantique
avec un c aussi
et je l’aime comme ça
Photo : MI-FER – Hier, sur le Plateau * Montréal 2018