Je t’embrasse, montagne

Y a une odeur de mouffette, c’est parfait, j’adore ce parfum. Un dimanche matin tranquille, il est tôt, huit heures à peine. Il y a quelques coureurs, plus de coureurs que de marcheurs. Je viens rarement dans cette partie du jour. Je choisis plutôt l’après-midi après quinze heures, quand mon cerveau est moins efficace.

C’est dimanche, et aussi mon anniversaire. J’ai des amis qui vont passer me dire bonjour tout à l’heure. Et je voulais venir te dire bonjour, montagne. Ça fait plusieurs jours. Je nous néglige un peu depuis quelques semaines. L’hiver s’est étiré, et il m’a découragée un peu de ma constance.

Je suis venue seule. J’avais envie de toi et moi seulement. De notre intimité.

Je me dis qu’il me faudra changer certaines habitudes, augmenter certains rituels, ces moments où je renforce mon âme. Ce n’est pas une résolution, seulement une réflexion. En attendant, la vie la mort, il est clair que tout cela me fait de moins en moins peur. J’arrive à vivre mieux qu’avant. Pour le reste, on verra. Chose certaine, je veux continuer d’exister pour la beauté des choses.

Une chance que je t’ai, montagne. Et ce matin, les oiseaux.

Je t’embrasse. À très bientôt, mon amie.

* Photo – Ce matin, j’étais tournée vers le fleuve

Le dessin

– Qu’il n’y ait pas de fins à ton voyage, lui dit-elle.
– Mais de quel voyage parles-tu?
– De celui que ton âme dessine, au gré de son infinitude.

Et elle repartit sans autre mot. Lui resta immobile un instant avant de reprendre sa route. Les ruelles étaient belles dans cette ville du continent. Une ville au cœur tendre, une ville qui n’a pas peur. Le monde est vaste, se dit-il. La journée sera belle. Aussi belle que le ciel de ce matin, ce bleu d’entre les bleus. Et moi, je marcherai. Petit que je suis, dans l’immensité du monde.

Photo : Hier, dans une ruelle de mon quartier

Pas ailleurs

ne me laisse pas errer ailleurs
que dans ma plus belle errance
tomber ailleurs que dans ma plus belle chute
mourir ailleurs que dans ma plus belle mort
ainsi je danserai pieds nus
mon cœur à portée du monde

SOLEIL BAS - Hier, dans une ruelle pas loin de chez nous (cliquer 2x pour agrandir)

SOLEIL BAS – Hier, dans une ruelle pas loin de chez nous – cliquer 2X pour agrandir

Le rêve du littoral

des semaines
à remonter la rive et le courant
contournant les rochers sur la fin de l’hiver
et voilà ce matin le soleil fou

je suis le jour qui change
l’onde qui danse sur le vent
rien de plus ni de moins
qu’une rumeur du temps

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BRUME – Jour d’hiver sur le fleuve St-Laurent

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