le printemps
comme l’étreinte qui traverse la chair
et qui verse
au plus creux de nos terres
là où l’on s’abreuve
pour que monte le tendre
Photo : Métro Beaubien, mur extérieur * 31 mars 2018
un regard, un geste
presque rien
et ce désir qu’elle conçoit
les saisons errent sans y penser
et le temps joue sa danse
pareil au vent
de tout ce qu’elle ne veut pas perdre
il y a ce jour
qu’on n’avait encore jamais vu
∼
Photo : LÀ – Fin mars 2018
je sais l’instable
les jours qui passent sans qu’on y sache
et je sais toi
ton beau regard ailleurs
porté sur l’immuable
saoulée de vent et de désir
je t’entends rire
et je te vois
qui te joues d’elle et la déjoues
jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien
rien à faire résonner
que le jour et l’espace
∼
Photo : LUMIÈRE TENDRE – Fin mars 2018
juste une histoire
un film tendre
sans cris ni blessures
où les rues sont tranquilles
et les enfants se bercent
et où bien sûr
le coeur l’emporte
on s’y demandera peut-être
où l’on sera
quand la musique s’arrêtera
mais on voudra surtout savoir
que tout peut naître de rien
que le rêve à lui seul suffit
si un amour l’abrite
je ne sais vraiment que ce que j’aime
comme la chaleur des corps qui parlent
y aura quand même les cicatrices
embellies par des poussières d’ange
on dansera dans les failles
et dans les canyons
et on y reviendra
demain et après
pour la musique et pour le reste
∼
Photo : LE COEUR DES ÉLÉPHANTS (diptyque) – Montréal * Mars 2018
Elle a commencé cette nuit.
Et elle tombe toujours au moment où j’écris ces lignes.
La plus belle tempête de l’hiver.
le monde fera ce qu’il fait
avec toi j’irai jusqu’à l’aube
tant que l’aube voudra de nous
la légèreté n’est ni une tare
ni un manque d’amour
va pas croire qu’on est
plus vivants le coeur lourd
Photo : L’ÉTOFFE DU TEMPS – Ce matin, sur l’avenue Émile-Duployé * Montréal
ils émondent l’arbre devant
pour dégager l’or électrique
je les ai regardés faire
pour en faire une prière
ne pas fuir ma p’tite douleur
on s’attache, que voulez-vous
∼
Photo : 16h03, rue St-Hubert – Hier, dans mon quartier
Hier soir, la neige fine.
Un léger tapis blanc. Encore.
On sait bien qu’il est pas fini, l’hiver.
Ma ville est belle dans la neige fraîche.
Et les soirs comme hier
quand le froid relâche un peu son étreinte
ça tire vers le sublime.
∼
Photo : LENTEUR – 8 mars 2018 * Dans Rosemont-Petite-Patrie, Montréal