J’ai entendu une musique
qui m’a dit qu’elle venait de loin.
J’ai levé mon petit canon
et elle m’a fait oui de la tête.
Avec le cadeau d’un sourire.
On a fait quelques pas de danse.
Puisque c’est de ça qu’il s’agit.
On était d’accord toutes les deux.
Danser. Du mieux qu’on peut.
Avec la chance et le sort.
Et parfois aussi les oiseaux.
Articles par :Caroline D
Vivre sans parapluie
La marche
C’est elle qui me tient. Qui me garde debout.
Elle qui aménage, à sa manière, mon espace intérieur.
Quand j’avance, l’espoir reprend sa place.
Et ma vie, de son sens.
Mon corps reconnaît ce mouvement vers l’avant.
Et mon âme s’y retrouve et s’en repose.
J’aime marcher.
Errer aussi.
Rues ou montagne.
C’est un des luxes que je me paie.
Montréal-la-tranquille
C’était avant-hier. Rue Laurier.
La première vraie chaude.
Ça fourmillait.
Comme ailleurs dans la ville.
Pour ceux qui ne connaissent pas,
c’est toujours comme ça à Montréal.
Les premières, j’veux dire.
D’un coup et en masses,
les ours sortent de leurs antres
et s’ébrouent gaiement dans l’air chaud.
On vit dans une ville tranquille.
La chance qu’on a.
Et au loin, encore discrète,
c’est ma montagne.
Euh, la montagne, pardon.
Avant-hier donc,
je suis rentrée chez moi tranquille
en passant par la rue Laurier.
Épilogue…
Et tandis que tranquille
je peaufine ces lignes,
ma soeur m’envoie un triste envers.
Et de là, quand même encore plutôt tranquille
je pense à Paul Auster
et à ces autres mots de son même Constat d’accident :
« La richesse engendre la pauvreté.
Telle est l’équation secrète d’une économie de marché. »
Et je continue de savoir qu’il a raison.
Bien au chaud de ce printemps.
À Montréal-la-tranquille.
De mon âme en terre urbaine
Amenez-moi du temps
Constat d’accident
De ce petit bouquin
qui a valsé pendant un temps
entre mes deux paires de lunettes
dans le fond de mon sac à dos
… et qui, si léger soit-il
n’y aura traîné tout ce temps
que parce que Paul Auster m’inspire…
de ce bouquin, dis-je
je retiendrai une autre phrase
qui me semble dire presque tout
de ce qu’il y a vraiment à dire :
« Nous devons nous aimer les uns les autres ou mourir. »

Et moi, le temps de quelques minutes,
bien au chaud à Montréal
dans ce printemps qu’on trouve froid,
je pense à Mogadiscio, Damas, Jérusalem, Kaboul
et combien d’autres villes où je ne suis pas
et je me prends à imaginer
qu’un jour peut-être on mentira
en se disant au lendemain
ou à la veille d’un attentat.
La peur au menu
Depuis toujours si efficace pour asservir…
on la sert encore aujourd’hui
en beau poison à toutes les sauces.
Et plus elle paralyse, mieux c’est.
Car comment mettre à mal l’assurance et la protection?
Ou s’indigner de la prudence et de la prévention?
Ainsi gaiement on l’alimente.
Pour mieux nous en gaver.
C’est devenu ô tellement facile d’en faire un plat.
Par chance que les arbres sont beaux.
Il était une fois… un livre rouge
Traversée d’avril
Suis rentrée chez moi hier
les bottes complètement trempes.
Ai pris une longue marche avec mon amie Christine.
Vu ma tendre Anick au café.
Promené mes pieds deux heures dans cette neige lourde d’avril.
Une autre tempête.
Comme une main pesante qui s’attarde sur votre épaule.
Qui s’y dépose éperdument avant de vous quitter.
Et mes bas qui sèchent sur le radiateur.
Et mon manteau accroché à la pôle de douche.
Et mon sac à dos vidé qui pend à une porte.
Elle était lourde et gorgée.
Mais belle et blanche.
Et lumineuse.








