Un embrun de naissance

Tout ça prend la teinte d’un rêve.
Je m’y retrouve, tu vois. Le vieux bois, la vieille grange.
Et le soyeux de l’eau, plus encore que la veille.
Mais c’est sans insister. Tu devrais, qu’elle me dit.

Ne fut-ce mon corps, peut-être que j’irais. Mais il suinte l’errance
comme une boue de marais. Et ne tient de poids que mon âme.
Qui s’éprend encore de l’instant, malgré l’entre deux vents.
Et le sens qu’on y met à néant.

De là le silence, sans doute. Qui surgit malgré moi,
plus farouche qu’avant. Et qui coule et déteint
à l’eau d’autres poèmes. Une tache. Un embrun de naissance.
D’autant qu’il y a dedans, sans que je sache quoi,
quelque chose de tranquille.

Et toutes ces heures à vivre qui en font tout l’espace.
Quand le profond enlace le ciel à en mourir. Et qu’on y
voit les arbres s’éprendre des oiseaux.

En attendant, je ne sais rien. Seulement ce que je sens.
Le vieux bois me le fait. Et le soyeux de l’eau.

Photo – GRANGE *  Ripon – Août 2020

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