c’est bon
j’accepterai
je ramasserai des bouts de bois
au fond la terre ne reprend rien
qu’on ne puisse trouver
c’est toujours ça
et de mourir un peu
et jamais l’arbre
ni la rivière belle
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Photo : LA PROFONDEUR DES ROSES – Juin 2021 * Montréal
c’est bon
j’accepterai
je ramasserai des bouts de bois
au fond la terre ne reprend rien
qu’on ne puisse trouver
c’est toujours ça
et de mourir un peu
et jamais l’arbre
ni la rivière belle
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Photo : LA PROFONDEUR DES ROSES – Juin 2021 * Montréal
Mille pianos désaccordés, des partitions mal éclairées, des airs qui sonnent faux, des notes tiraillées entre silence et blâme – dans cette oeuvre qu’on signe, la dissonance reste mordante. Et là sur mon dimanche malgré les bruits à rendre sourd s’élèvent la musique des feuilles et l’infinie beauté. Et malgré la bêtise à faire grincer le coeur, un vent qui souffle fort et magnifie le ciel.
Photo : SPLENDEUR * Juin 2021 – Montréal
Elle s’était perdue, coincée dans le décor.
Puis elle s’est vue glisser sur un bouton d’aurore.
Avec le temps qui va,
je joue à retenir les notes qui résonnent.
Dans le soleil levant, mes mains qui s’abandonnent.
Tellement que plus rien, même le bruit de l’asphalte,
ne me rappelle hier.
Comme l’orage est aussi un revers de l’absence,
je m’y déprends le coeur sans m’y prendre la tête.
Le crépuscule est blanc et déborde de roses.
Et pareil au printemps qui répand son parfum,
c’est l’aria et l’oiseau, sans complexe merci.
Photo : CHEMIN CLAIR – Printemps 2021 * Montréal
il m’arrive
quand je lave un verre à vin
de repenser à Fred
ce barman de l’O’kaïna
rue Damrémont
à Paris
un certain hiver
je le revois
qui lève l’objet vers la lumière
et frotte
pour le faire briller
son plaisir évident
dans ce geste banal
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Photo : NOIR FEUTRÉ * Dimanche – Petite Nation
J’écris avant tout pour me libérer, desserrer quelque chose qui tend chaque jour à se serrer. Et je trouve sous mes pas par une sorte de miracle des fragments de beauté à la traîne. Jusque dans le noir à l’état de charbon, des éclats calcinés.
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Photo : FENÊTRE – Hier, rue St-Viateur – Montréal
La note s’étire et plie. Sur ton café qui coule.
Le jour se prête, c’est ce qu’on dit.
Les roses sont ouvertes à moitié. Tu te souviens de leur parfum.
C’était l’année dernière. Et elle est loin déjà.
Et tout ce temps, la musique restée belle.
Mille rumeurs aussi, comme celles de l’oiseau et du vent.
Photo : L’ARBRE ARGENTÉ – Hier – Montréal
La langue, ou la terre, calcinée, devenue noire. Végétale. Jamais vraiment souillée, mais sa nature délaissée. Ce qu’on rêvait d’aimer, enfoui dessous des champs d’argile.
Et une veine qui se fend. Des chaînes qui éclatent sur les échos d’avant. Sur le mur de l’exil, une ombre se dépose. Tout près de l’oiseau tendre.
et la main qui oublie
pour la main qui se donne
si c’était ça, dit-elle, l’absence de ça
qui vous disloque
toi et ton corps de saule?
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Photo : UN MUR VÊTU – Montréal * Mai 2021