Immanquablement

la paix qu’elle m’infuse
quand mes pas foulent ses flancs
que ma tête caresse
son air
riche de milliers d’arbres
ma chance
qu’elle soit si près
montagne

ET OÙ S'EN VA MALBROUGH? Avril sur le mont Royal, au coeur de Montréal

ET OÙ S’EN VA MALBROUGH?
Avril sur le mont Royal, au coeur de Montréal

Sans conteste

je resterai la même
et pas
le temps passera / et j’aurai accordé mon pas / au chemin changeant
je pourrais résister
et voir mes nuits en écoper
me plaindre et y voir mes jours en pâtir
ne me reste vraiment qu’à
chanter / danser / aimer
et là sûrement je m’y retrouverai
à la claire fontaine / m’en allant promener

oui, vaut mieux s’adapter, m’a rappelé la vieille dame /
Cécile son nom

TANDIS QU'ELLE MONTAIT  Montréal, avril 2015

TANDIS QU’ELLE MONTAIT Montréal, avril 2015

Cap de traverse

la neige a fait ce qu’il fallait
et l’eau traverse la surface
elle mouille pour les jours qui viennent
printemps

comme j’ai bien fait
malgré le jour avancé
la montagne m’a parlé de l’eau
et les arbres encore de moi
de nous

un flanc abrupt
et les yeux sur la terre
j’ai agrippé quelques racines
pour franchir un cap
qui m’était inconnu

LIGHT CROSSING - Hier, sur le mont Royal

LIGHT CROSSING – Hier, sur le mont Royal

Vertige de souche

je vacille
devant le brouhaha
nos vies
toutes nos histoires qui s’entrelacent
je ne tomberai pas, dit l’arbre
mais s’il fallait
trop longtemps
si loin
tes racines
les miennes
je cherche

en attendant
je sais les branches
quand elles se déploient vers le ciel

LE MONDE COMME UN PLANCHER DE DANSE Avril 2015, marché Jean-Talon, Montréal

LE MONDE COMME UN PLANCHER DE DANSE
Avril 2015, marché Jean-Talon, Montréal

Petit chemin

tu tiens mon coeur
je tiens le tien
petit chemin
où m’emmènes-tu
le vent qui souffle sous nos ailes
nos vies qui passent à tire-d’aile
je tiens ton coeur
tu tiens le mien
petit chemin
où t’en vas-tu
l’amour qui chante mine de rien
dessous ton chapeau et le mien

MOVING FORWARD - Dans la 10, avril 2015, Montréal

MOVING FORWARD – Dans la 10, avril 2015, Montréal

Valse à deux temps

la neige et le vent qui en remettaient
et ce gris dans le ciel
et le téléphone
j’irais bien marcher le long de la rivière, et toi?
… je passe te prendre,
qu’elle me dit
et hop vers le nord de la ville
le nord de l’île
tandis que le ciel se dégage
filets blancs sur bleu
et la neige qui fond
vite comme elle est venue
danse jouissive, danse belle
d’un hiver fou qui s’acharne
et d’un printemps qui s’avance
entre tempête et accalmie
comme nos coeurs de certains jours

ANNE, OU LA FIN DE L'HIVER  Ce matin, le long de la rivière des Prairies, Montréal

ANNE, OU LA FIN DE L’HIVER
Ce matin, le long de la rivière des Prairies, Montréal

Moi, mes bottes

les ruelles mouillées du printemps
m’annoncent que mes bottes ont des trous
il te faudra en changer, me dit la corneille
t’acheter des bottes garde-fou
et puisque t’en es là
conseil d’oiseau de galère
prends-en une paire qui digère
tous les plats où on met les pieds
une qui saura les tendres guerres
et les grands détours insensés
une de celles qui n’aura pas peur
de s’enfarger par-ci par-là
et qui se foutra du flafla
ne pensant rien qu’à ton bonheur
bref, j’ai besoin d’une paire de bottines
sonnez les matines
et toi, corneille, ils sont secs tes pieds?

BAIN DE PIED - Fin mars, dans une ruelle de Rosemont Petite-Patrie, Montréal

BAIN DE PIED – Fin mars, dans une ruelle de Rosemont Petite-Patrie, Montréal

La douceur montante

Hier, sur toute la montée, j’ai dû croiser dix personnes.
Il mouillassait, ça fait fuir.
Mais la bruine crée aussi des images qu’on ne voit pas souvent.
Des contrastes forts. Une grisaille enveloppante.
Et la neige qui recouvre encore tout.

Beau, beau, c’était beau.
À peine arrivée au pied de la montagne,
j’ai tiré mon p’tit appareil de ma poche
pour découvrir que la pile était à plat
et que je n’avais pas apporté de rechange.
Constat heureux ou malheureux?
Disons que j’ai une forte tendance à regarder le monde
en fonction de l’image que je pourrais capturer.
Hier, j’ai dû le regarder autrement.
Et j’ai respiré plus profondément, il me semble.
L’air humide. Qui s’adoucit au fil des jours.
C’était bon. Heureux, oui.

LENTEUR DE MISE - Il y a quelques jours, sur le mont Royal, Montréal

LENTEUR DE MISE – Il y a quelques jours, sur le mont Royal, Montréal

Jouissance commune

Le fond de l’air se réchauffe.
Et la neige fond tranquillement.

On est tous dans ce bateau.
Des saisons, des humeurs.
Celles du temps et des âmes.
Dans ma ville, après l’hiver qu’on vient de vivre,
beaucoup d’entre nous auront en commun,
pour quelques jours ou quelques semaines,
de jouir consciemment du beau temps.
D’y penser le matin en ouvrant la porte.
Et d’en être heureux pendant au moins un instant.

ALLÈGEMENT TEXTILE - Hier, sur la rue Laurier

ALLÈGEMENT TEXTILE – Hier, sur la rue Laurier

Le sens de l’air

vrai je préfère le sens de l’air
le sens de l’espace et du vent
celui précieux des gens de chair
des âmes qui connaissent mon corps

à tous ceux dont je tiens le bras
si on m’attrape l’autre jambe
du côté où vous n’êtes pas
sans que je sache à qui la main
aurai-je raison d’avoir peur
d’échapper dans le fil des heures
le sens de l’amour et de l’air
de perdre dans le fil du temps
celui de l’espace et du vent

LUI QUI LA REGARDE Mars 2015, Montréal

LUI QUI LA REGARDE
Mars 2015, Montréal

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