Un vent de folie

Ma vie
Si seulement j’en avais deux.
Une où je pourrais faire.
Et l’autre où je pourrais être.
Mêler les deux me la complique.
Même si mon corps a pris racine
j’aime les hautes altitudes
et les longs vols d’observation.
Je ne me pose jamais très longtemps.
Sauf pour l’amour, le court me va.

Le vent
Pendant que je peux rêver
de voir se dédoubler la mienne
voilà que des milliers
d’uniques au monde
sont arrachées là-bas, emportées sans tendresse
par un mauvais coup du vent.
Lui qui n’a été pour moi
toujours et seulement que musique.
Encore ma chance.

carolinedufourventautre4Montréal – Novembre 2013

Et tandis que ça sent l’hiver

J’ai lu ce matin la belle lettre à la mer qu’a écrite Mylène Paquette
après son long périple sur la grande eau.
J’ai ressenti une pointe d’envie à l’idée d’une telle traversée.
À l’idée de poser mon regard sur la vie et l’infini, loin de tout pendant autant de jours.

Ma vie est faite d’estuaires. Et d’autant de détroits.
De jours où l’espace se referme. Et d’autres où il s’ouvre grand.
Alors, vogues-y mon âme. Puisque tu le peux.

carolinedufourfleuveqc3Québec, sur les rives du fleuve – Janvier 2013

Mon âme n’est pas dupe

Cette ville.
Autant je l’aime, autant elle me rebute parfois.
Et c’est sa grande folie qui suscite, je le sais,
tant mon attachement que ma résistance.
Sa folie, et aussi tout ce qu’elle me cache encore.
C’est ce qui la rend si captivante. Et vidante aussi.

Et puis y a cette délicieuse envie qu’elle éveille si souvent en moi.
De capturer les choses et les moments, de les immortaliser.
Comme dans ce viaduc avant-hier, avec tous ces néons braqués sur l’heure de pointe.
Impossible de garder mon autre oeil dans ma poche.

Mais peu importe la poésie que j’y trouve,
elle y côtoie quand même toujours une certaine violence.
Une violence certaine. Pour mon âme.
Et s’il n’y avait pas quelque chose de royal en son coeur,
il y a longtemps sans doute que je l’aurais quittée.

carolinedufourviadstl3 orig 750Viaduc St-Laurent, à la tombée du jour – Novembre 2013

Ce qui l’emporte

Un dimanche matin d’automne.
Le ciel est tout bleu.
La plupart des feuilles sont tombées,
le vent d’avant-hier a souverainement insisté.
Il reste quand même un peu de doré et d’orange,
j’en vois qui brille à travers ma fenêtre.

On a reculé le temps la nuit dernière.
Comme si on le pouvait.
Le mien avance trop vite, quoi que j’y fasse.
Il y a tant de choses à faire.
Et je ferais encore tant de choses.

Vrai. S’il y a certains jours de grands vents
où je me vois quitter le bateau sans offrir trop de résistance,
il y en a plus, est-ce la chance,
où j’embarquerais volontiers pour une croisière d’éternité.

carolinedufourlaurierAu parc Laurier il y a quelques jours, avant le grand vent d’il y a deux jours.

De constance et de rêve

Que des hommes aient pu construire
autant de milliers de kilomètres d’autoroute et de voie ferrée
m’a toujours impressionnée.

Je ne sais plus combien de fois au juste
j’ai traversé le continent d’est en ouest, et d’ouest en est.
Mais chaque fois, j’ai adoré faire cette longue route.
Tout comme j’ai adoré les journées passées à rouler en ligne droite
pour atteindre l’une ou l’autre des extrémités de cette grande terre plate
où l’horizon va sans fin.
Je parle du même bout de route où tant de gens m’ont pourtant dit s’être ennuyés.
Serions-nous donc si rares à rêver d’infinitude?
Pardon, je papillonne un peu ici. Mais pas tant.

Bref, tous ces chemins. Tout ce travail de bâtisseur. Un morceau à la fois.
Quand j’y pense, j’ai le sentiment de m’approcher de ce que l’humain a de plus beau.

carolinedufourcarrstlouis4Le CARRÉ ST-LOUIS s’est fait refaire une beauté, ça valait le coup – Octobre 2013

L’acquis et l’oubli

Je relance quelques lignes, comme on ferait d’un refrain.
Parce que mon coeur y est. Et que l’amour est sentinelle.

ce n’est qu’en reprenant cadence qu’elle eut vent des mots de sa mère
et puis de ceux de sa grand-mère et des amies de cette dernière
autant d’échos d’entre les arbres qui lui disaient d’être aux aguets
dans ces sentiers creusés par elles à grands coups de rêve et d’espoir
ces sentiers devenus pour elle autant de lieux de liberté

carolinedufourdessin2SUBLIME LIBERTÉ – Mont Royal, octobre 2013

Quand c’est la lumière

Y a des jours comme aujourd’hui où c’est la lumière qui fait tout.
Qui me réchauffe malgré le froid.
L’âme avec.

carolinedufourlumiereautom3rAujourd’hui, sur le mont Royal

Une élégante certitude

L’instant est fugace, follement furtif.
Par chance qu’il se laisse attraper.

carolinedufourfillefeuillage allSur le mont Royal – Octobre 2013

Âme et placardage

Traces. Des traces.
J’aime les traces laissées par le temps.
Les rides. Les vieux murs. Les graffitis qui font leur vie.
Et quelqu’un qui passe devant, pour encore plus d’âme.

carolinedufourhommepench5Centre-ville de Montréal, octobre 2013

La petite veste rouge

L’odeur du temps était sublime.
La saison, à ses yeux, exaltante comme jamais.
Ainsi libre et tranquille, la belle partait souvent marcher dans la forêt.

Un jour, bercée par le bruissement des feuilles sous ses pas,
elle sentit au fond de la brise le parfum d’une menace.
Afin de mieux prêter l’oreille, elle ralentit.
Mais n’entendit que la rumeur de sa méprise.

Ce n’est qu’en reprenant cadence qu’elle eut vent des mots de sa mère.
Et puis de ceux de sa grand-mère et des amies de cette dernière.
Autant d’échos d’entre les arbres qui lui disaient d’être aux aguets.
Dans ces sentiers creusés par elles à grands coups de rêve et d’espoir.
Ces sentiers devenus pour elle autant de lieux de liberté.

Le temps étant ce qu’il est, l’histoire s’arrête là.
Elle ne dit pas si la belle fort au loup cria ou à sa rêverie retourna…

carolinedufourfillerouge6Sur le mont Royal – Octobre 2013

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