Bastringue

Moi qui aime l’eau froide à m’en geler la peau,
j’ai beau jouer d’un bois de fer sur un piano de mer,
vos violons de bastringue n’en sonnent pas moins faux.

J’ai monté des bouts de ferraille et des chevaux de pierre.
Et sur le corps du temps qui tue tatoué une rivière.

Les jours où des morceaux de moi sont mêlés à la rouille,
il m’arrive d’y voir le loup qui boit à l’encre claire,
les pattes dans la boue.

Photo : ET DORMIR AU JARDIN – Août 2022

2 réponses à Bastringue

  1. Allons, allons dans l’encre claire
    de l’eau froide qui coule sur nos nuits,
    nous nous baignerons au clair de terre,
    quand le sommet de l’île luit.

    Nous irons sur le cheval de fer
    jouer des morceaux de rouille :
    une mélodie ou d’autres airs
    que les violons de bastringue brouillent

    peut-être franchirons nous le détroit
    où sommeillent les épaves
    qui se dressent tout droit
    sur leurs étraves.

    Nous aborderons sur une bande
    de sable où les menhirs se lamentent
    en bordure de la lande,
    là où commence la pente

    Nous laisserons le cheval au garage,
    rangerons la mélodie d’émoi
    pour nous abriter de l’orage
    et nous trouver un toit

    Un phare dans un ciel de suie
    lance quelques éclairs
    aux extrêmes du pays,
    à l’océan de pierres

    M’ accompagneras tu dans cet avenir
    où l’eau froide coule sur nos nuits?
    Il nous faudra encore partir
    dès la première éclaircie

    Toujours plus loin, plus au nord
    là où les montagnes noires
    se fondent avec un ciel d’aurore
    et où nous retrouverons l’espoir…

    Aimé par 1 personne

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