tu voudrais y être, m’écris-tu
alors que tu y es tant
par la vie qui quand même
te semble encore si belle
Photo – SOUS UN AUTRE ANGLE * Matin du 5 septembre 2019 – Montréal
Un matin à se fendre.
Et mes pas qui se font plus lents.
L’air est frais par la fenêtre. Et le vent est triste d’elle.
De ce qu’elle ne dit plus.
C’est vrai que je ne sais rien. Vrai pour la rosée aussi.
Et pour l’île qui s’éloigne au gré de la mer vivante.
Le monde est vaste à s’y perdre, et vaste à s’y aimer.
Tant qu’il s’y trouve des rivières pour nos ruisseaux de peine.
Juste un matin à se rendre.
Les yeux au ciel.
Photo – À PLEIN SOURIRE * Fin d’août 2019 – Montréal
je ne sais rien devant la pluie
au mieux je joue à vivre
au pire je perds ma vie
chose certaine je ne sais rien
ni devant le matin non plus
Photo – FOULE FLOUE * Septembre 2019 – Montréal
un papillon blanc tournoie dans les feuilles
à côté d’une toile d’araignée
et les deux brillent au soleil
en ce beau matin de septembre
même si on fourvoie le précieux
le ciel y verse encore de l’ombre et du vent
l’instant est patient
et les violons pompeux joueront jusqu’à s’éteindre
et quelque part le long des rivières sauvages
malgré les dissonances
grossières suffisances
des coeurs osent la tendresse
Photo – DANS LA BEAUTÉ DES HEURES * Août 2019 – Montréal
j’ai poussé la chaise
sous le chaud des rayons
à l’ombre
le vent frais me dit trop fort la fin
par chance qu’il y a l’impermanence
de la nuit et du froid
par chance aussi les rires
par-dessus la mort
la mort qui depuis le printemps
me fredonne plus fort
son étrange rengaine
Photo – UN REFLET DE L’AUTRE * Le 26 août 2019 – Montréal
si je te dis
la goutte au coeur de l’océan
et le vent qu’on ne sait
que par le gauchi de l’enfance
comprendras-tu mieux mon silence?
je préfère les vallées lyriques
et les imaginaires tendres
les grands métas et les fjords
qui font valser nos âmes
Photo – BOUT DE CIEL D’AOÛT SANS RETOUCHE * Le 22 août 2019 à 18 h 45 – Montréal
le cœur tendu
le corps aussi
des mois d’émoi
et l’ivresse ressuscitée
le drame petit
le petit drame
toujours celui du temps qui passe
de toute manière
c’est toujours court
trop court
devant la beauté
qui reste
la beauté
qu’il nous reste
Photo : LE TEMPS SURVIT * Sur le mont Royal – Août 2019, Montréal
J’ai sûrement mis les pieds dans un carré mouillé.
Un carré de sable déjà souillé.
Mais tu vois, en dépit de nos solitudes, j’ai envie de garder espoir.
Alors, ne m’enlève pas le rire. Ne m’arrache pas mes beaux délires.
Et je t’en prie, n’infuse pas trop d’amers dans mon thé quotidien.
La vie, malgré ses failles immenses, regorge de tant de beautés.
Et le temps que j’y suis, je voudrais y puiser encore.
Photo : POUR LA SIMPLE BEAUTÉ * Sur le mont Royal – Août 2019, Montréal
Quand la notion de propriété permet les gestes les plus immondes,
qui va pleurer de simples guêpes?
Un nid gros comme un ballon de football.
S’il n’en avait tenu qu’à moi, je l’aurais contourné.
Jusqu’au grand froid, qui l’aurait décimé.
Mais je ne vis pas seule. Alors.
J’ai tué des guêpes. Laissé tuer des guêpes.
Ravagé une colonie accrochée dans la cour.
Trop près de nos têtes, m’a-t-on dit. C’est risqué.
Disons aussi que je me méfie des contentieux territoriaux.
Photo : VIVRE * 18 août 2019, Montréal
le vent frais sur mon bras
et mes orteils moins chauds qu’hier
les yeux sur le rideau qui flotte
je sens août qui décline
et nos pas qui se mêlent
s’emmêlent
et nos corps hésitants
qui de qui
de nos âmes danseuses
j’en aurais pris encore
du pesant doux de juillet
encore de ces jours lourds
qui me prennent à moi-même
le temps n’arrête pas sa danse
même sur l’été d’après
le dernier printemps d’elle
Photo : UN QUELQUE CHOSE D’AVANT – Dans le chalet du mont Royal * 16 août 2019, Montréal