J’aime nos viaducs.
Ou plutôt, j’aime passer dessous en marchant.
La lumière y joue toujours.
Et c’est d’autant plus excitant
s’il y a quelqu’un dedans.
Quelqu’un de beau, de sexy, d’heureux.
Ou de malheureux peut-être. Qu’y sais-je.
Quelqu’un dont il se dégage quelque chose.
Le béton sans personne n’est quand même que du béton.
Bref, les viaducs savent être beaux.
Mais plus encore avec des gens dedans.
Articles classés dans :MESURES DE TEMPS
Un homme de peu de mots
Bucolisme
J’ai eu envie de ce mot.
C’est lui plutôt que son usuel confrère adjectif
qui m’est venu naturellement en regardant cette photo.
Et je découvre, à ma légère surprise, qu’il n’est pas au dictionnaire.
Pas plus que ne l’est le verbe bucoler. Dommage.
Or, si vous me demandiez ce qu’en serait la définition exacte,
je vous retournerais la question en vous demandant
laquelle serait selon vous à retenir parmi les suivantes,
ou si ni l’une ni l’autre ne vous sied, laquelle proposeriez-vous?
Bucoler
1. Boire la vie à grosses gorgées.
2. Trouver la vie belle envers et contre tout.
3. Être saoul d’amour pour la vie.
4. Être naïf au point de penser que la vie peut être belle malgré tout.
Je bucole, tu bucoles, nous bucolons, elles bucolent…
Souvenir de Londres
De chalets et manchots
J’ai découvert un nouveau verbe.
Peut-être l’avais-je ouï déjà, mais voilà qu’aujourd’hui je l’aime et m’y attarde.
On dit de lui qu’il est défectif… qu’il ne s’emploie pas à tous les temps possibles.
En voici donc, pour votre grand bonheur je sais, les conjugaisons d’usage :
Il chaut
Il chaudra
Il chalait (mon préféré)
Il chaudrait
Qu’il chaille
Chaillant
Et à l’infinitif, chaloir.
J’aime. Et je m’essaie.
Euh… Peu m’en chaut si l’on m’aime…
Hum. Non. C’est trop faux.
Alors j’irai ainsi : Il m’en chaut que l’on s’aime.
Voilà. Je sais pas si c’est mieux, mais c’est beaucoup plus vrai.
Nos belles tentatives
Les parfums obligés
Les soupçons pèsent pour ce billet sur quelque ancienne fibre nomade.
Certains mots parfois me hérissent.
Même que trop de leur effluve me donne vite la nausée.
Par exemple, retraite, et fond de.
Non pas que je nie qu’on puisse y trouver une certaine inspiration.
Et quelque substance apaisante pour nos cerveaux reptiliens.
Mais tandis qu’on aime souvent nous les voir humer à outrance,
les inhaler coûte que coûte et toujours plus à fond,
j’aimerais bien pouvoir signaler certaines allergies possibles.
Y a-t-il quelque part un bureau où je puisse le faire?
Trio urbain
Montréal-la-secrète
Bien que née sur cette île, je la découvre encore. C’était hier.
J’ai exploré, avec mon amour, dans une vieille bagnole prêtée
qui a même chauffé un peu nous forçant à rouler lentement,
des endroits de ma ville que je ne connaissais pas.
Pour faire un tour d’auto, comme aurait dit ma mère.
Je ne me doutais pas en m’éveillant le matin
que j’assisterais le soir à un grand spectacle.
Et vous n’en voyez qu’une toute petite partie.
La finalité des choses
Si on me le demande, je dirai que la nature sait y faire mieux que personne
quand il s’agit de rendre belles, en s’aidant des arbres et du temps,
ces constructions que l’on préserve qui nous parlent d’un temps d’avant.
En admirant ces vieux silos il y a quelques jours,
habilement bâtis par des hommes,
j’ai eu l’image de la vision qui les a fait naître.
Celle, d’abord, de nourrir la Communauté.
De fournir aux gens de quoi faire le pain.
Et j’me suis entendue penser,
pour la ixième fois, et je n’en démords pas,
qu’il est malheureux qu’aujourd’hui
la finalité soit d’abord l’entreprise.
Au détriment de tant de gens.











