Y a du bonheur aussi dans les ruelles

Petites choses de rien
qui sans mot dire m’inspirent.
Me donnant et m’insufflant,
par petits bouts, petits instants,
par leur saveur de liberté,
le goût de continuer la route,
d’aller y voir un peu plus loin.
Petites choses de rien.

carolinedufourbicyclegraff5
Montréal, Juillet 2013

Les belles surprises

De ce plaisir que j’ai à attraper des moments,
des images, des gens sur le vif.
Même tard le soir. Comme hier,
en descendant St-Laurent doucement
pour profiter de la sensation
que nous procurent ces nuits d’été.

Et ce matin,
en exagérant les teintes foncées,
avoir la surprise d’une belle image,
comme une peinture ancienne,
de gens que je voyais à peine
de l’autre côté de la fontaine.
Il faisait trop noir pour moi.
Mon p’tit canon a des yeux de chat.

carolinedufourcouplecarrestlouis origCarré St-Louis – Un beau soir de juillet 2013

D’air et de temps

Il m’arrive souvent de trouver beau
ce que l’air et le temps font aux choses.
Les traces qu’ils y laissent sans y penser.

Et ainsi voilà que j’aspire
à me vivre libre comme l’air, ou presque.
En y pensant juste assez, sachant que de toute manière
je n’y laisserai jamais qu’une trace infime.
Et que la forme qu’elle prendra, si elle dépend un peu de moi,
dépendra toujours et surtout du temps et de l’endroit.

Rue Mont-Royal

Rue Mont-Royal

Les belles choses

Il va sans dire qu’à mes yeux,
le plus beau du beau appartient encore au naturel.
À ce merveilleux mystère qui crée l’insurpassable.
Du bruit du vent dans les feuilles, jusqu’au lointain de la mer.
Mais quand même.
Par ces visions qu’on exauce pour essayer de l’imiter,
il nous arrive parfois de mettre au monde de bien belles choses.

Juste avant la tombée du jour, hier, au coeur du parc Lafontaine

Juste avant la tombée du jour, hier, au coeur du parc Lafontaine

Tant d’humeur tranquille

Je me demande combien de villes au monde
peuvent se vanter d’une telle tranquillité.

Dehors, on avait tous chaud aujourd’hui.
Même moi, qui pourtant adore.
Je me suis poussée un peu,
avec bonheur quand même,
jusqu’au sommet.

Aujourd'hui, dans un boisé près du lac aux Castors

Aujourd’hui, dans un boisé près du lac aux Castors

D’instants et de rivières

Y avait des passages sinueux à travers rochers et rapides,
où j’ai pu m’accrocher un peu à quelques solides racines.

Une jolie affiche peinte à la main.
Comme un sourire.
Pour faire jaillir quelque tendresse.
Quelle que soit la rivière du moment,
au gré des jours et de mes marches quotidiennes
mon âme se nourrit de beauté.
De celle qui adoucit un peu le passage obligé du temps.
Comme ces petites choses qui existent
parce que quelqu’un a pris la peine de faire qu’un court instant soit beau.

Montréal, Juillet 2013

Montréal, Juillet 2013

Les nourritures digestes

J’ai toujours été une créature mal foutue, Mr Bones, un homme criblé
de contradictions et d’incohérences, le jouet d’élans trop multiples. 

D’un côté, le coeur pur, la bonté (…). De l’autre, un braque mal embouché (…).
Et le poète? Tombé quelque part entre les deux, je suppose,
dans l’intervalle entre le meilleur et le pire de moi.
Extrait du roman Tombouctou, Paul Auster, 1999, chez Actes Sud.

carolinedufournouter2Je n’aurais jamais avant utilisé le mot naïve
pour parler de ma personne.
Mais voilà que certains évènements récents
m’ont poussée à regarder les choses sous cet angle.
Au final, je me suis demandé
s’il y avait une différence entre le fait d’être naïf
et celui de ne pas user de son temps à l’élaboration de stratégies défensives.
La réponse n’est pas venue, et je ne la cherche plus.
Car quel que soit l’angle que je choisis pour aborder la question,
et quelle qu’en soit l’issue véritable au regard du tout,
la sollicitude dont j’use est encore l’une des choses que je digère le mieux.

Sur la montagne, hier.

Sur la montagne, hier.

Matière à vouloir

Je crois bien sûr absolument
que vouloir donner un sens à sa vie est une matière noble.
Mais je sais aussi que vouloir peut être un habile voleur,
capable de me piquer l’instant et tout ce qu’il m’offre.
C’est sous cette lumière que je propose
que si vouloir autre chose relève parfois du petit larcin hasardeux,
persister à vouloir ce qui est inutile pour l’âme
relève souvent de la pure escroquerie.

Sur le mont Royal, l'avenue du Parc en arrière-plan - Juillet 2013.

Sur le mont Royal, l’avenue du Parc en arrière-plan – Juillet 2013.

Parc Jeanne-Mance, le mont Royal en arrière-plan - Juillet 2013

Parc Jeanne-Mance, le mont Royal en arrière-plan – Juillet 2013

Valeurs d’angle

La ville peut m’être incroyablement belle.
Comme dans ces rues étroites et si infiniment droites,
quand le soleil se couche en dessinant du merveilleux.
Ou comme tôt hier matin, du haut de la montagne.
Montagne, montagne, où serais-je sans toi?

Rue Rivard - Juillet 2013

Rue Rivard – Juillet 2013

Vue vers l'est, du haut du mont Royal - Juillet 2013

Vue vers l’est, du haut du mont Royal – Juillet 2013

Le calme de l’eau

Je l’ai trouvé beau cet homme.
J’ignore comment il se sentait,
et à quoi il pensait,
mais il était beau.
Il avançait tranquillement en s’aidant de sa canne.
Je sais que cette lenteur y était pour beaucoup
dans l’impression de beauté qui m’a frappée.
Un jeune en vélo a ralenti derrière lui,
le temps de s’assurer, sans doute, qu’il ne l’effraierait pas.
Le chemin est étroit autour du lac.

Le lac aux Castors a retrouvé son eau. Du bonheur. (Montréal, Juillet 2013)

Le lac aux Castors a retrouvé son eau. Du bonheur. (Montréal, Juillet 2013)

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