L’odeur du sable

La liberté sent et goûte quelque chose.
Le sable, par exemple. Quand il pleut.

Je revenais du centre où Gaby vit depuis maintenant trois ans. Il est déprimé ces temps-ci, devenu quasiment aveugle au cours des derniers mois. Il ne voulait pas se lever, et je n’ai pas insisté.

Une pluie tiède s’est mise à tomber. De plus en plus fort. Je n’ai pas cherché à m’abriter. Je n’aime pas m’arrêter quand je marche. J’ai marché comme ça assez longtemps pour être bien mouillée. Pas jusqu’aux os, mais pas loin. Puis ça s’est arrêté. Et j’ai continué assez longtemps après pour être presque sèche en arrivant chez moi.

J’en avais besoin. La marche est mon premier remède.

Quand je suis passée près du parc Lafontaine, ça a senti fort la terre et le sable. Et je me suis sentie délicieusement libre.

Photo : PLUIE D’OCTOBRE – Hier, dans l’arrondissement de Ville-Marie

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