l’art du fil corollaire
du filé fin qui nous redit
l’indémêlable nous
un seul et même
et le printemps dehors
de tellement de manières
sa lumière
toujours le temps
qui file comme il veut
Photo – RUELLE DE SAISON – 13 Mars 2020 – Montréal
Je me méfie des certitudes.
Ce qu’elles savent souvent faire de mieux, c’est rétrécir le monde.
Il y avait ton flanc. Et mon coeur.
On se remet des choses. Oeuvre l’oubli.
Les saisons passent.
J’ai ouvert mes yeux mécaniques
devant le poids de certaines heures.
Le corps rejette et prend.
Il fait tout à la fois.
Bien sûr, le vacarme des ondes.
Toutes ces histoires qui saignent le jour
et les douces moiteurs matinales.
Autant de pieux détournements
greffés de censure rampante. Surtout
ne pas être imputé de trop d’insouciance.
Et toujours le poème. En violon.
Comme un havre. Une liberté tenue.
Sans désastre veineux. Juste des horizons.
Photo – LES MOTS À L’AUTRE – 13 Mars 2020 – Montréal
C’est un de ces matins où je ne crois rien
d’autre que le ciel bleu, les cotons blancs dessus,
le soleil sur ma rue, et mes pieds tièdes
sur le plancher moins froid.
Un de ces matins où je ne crois rien
sinon ma chance. Et le printemps
qui s’en revient.
Photo – DE RÊVER À L’ABRI – Mars 2020 – Montréal
En périphérie de nos âmes, tous les lendemains. Les jours qui suivent ceux où c’est lourd, de par tous les idiots et dignités usées. Les vengeances inutiles, les millénaires de cervelles gaspillées. La pensée en cristaux d’armes et le courage éteint.
Ces jours-là, je sors la liberté. Le reste va dans une boîte que le désert délave. C’est que le destin reste nous, nos charpentes, nos détresses et nos rires. Nos dérisions qui brument et nos corps qui labourent. Nos poèmes grands ouverts, clairs sur l’horizon. Les prières en venue et les vagues abondantes. Les collines posées comme des arpèges d’aurores. Et l’errance toujours, pour y toucher l’espoir. Tout le meilleur devant, et derrière à la fois.
Et à la fin, tout ce qui sort de terre comme une porte en néant. À reconnaître encore. Comme l’orage qui passe dans le ciel généreux. Et l’âme qui abdique au devant du matin.
Photo – JUSTE LE JOUR – Février 2020 – Montréal
Tu me demandes si on étanche mieux sa soif à force d’années en ruisseau. Ma seule certitude est que je n’aurai jamais fini de découvrir le goût de l’eau.
Photo – LUMIÈRE D’UNE FOIS – 1 mars 2020 – Montréal
je l’aime loin, ma couenne
loin des vents arracheurs
au ras les coeurs tendres
et les âmes chercheuses
∼
l’hiver perd en force
les coins de rue déjà en mares
de plein de neige fondue
la pluie est venue déposer
un bon gros baiser dru
personne n’a vu venir la chose
tout le monde est sans son parapluie
c’est toute la ville qui se mouille
là-bas les parois de ciment
et à côté de mon épaule
la vitre du café
Photo – ON Y AURAIT VU DES ROSEAUX * Avant-hier – Montréal
et la faille évidente de mon ventre courage
comme des vents de mémoires sur des baraques usées
des morceaux de miroir dans un monde agité
L’embrun comme un ami venu à la rescousse.
Et toujours le poème pour pénétrer le jour.
Pour tout ce qu’on y sent jusqu’au bout de nos corps.
Tout l’amour qui s’y cache que nous n’entendons pas.
Photo – FILLE ET MUR * Hier – Montréal
Pour Lau
peut-être le dernier coup d’hiver
avant qu’il s’essouffle
le jour s’estompe-t-il
à l’ombre des flocons
je sais juste que tout passe
et les passages avec
me poserais toute légère
après sur ton épaule
pour y voir plus longtemps
le temps qui fond comme la neige
Photo – CARESSE * Hier 16h24 – Montréal