Je lève les yeux vers le bel érable, celui de la cour du deuxième voisin au nord, qui étend ses hautes branches jusqu’au-dessus de la nôtre. Le sol est plein de ces minuscules fleurs jaunes qu’il laisse tomber depuis une semaine.
Le jardin s’éveille lentement cette année. J’écris en posant les yeux sur lui de temps à autre. Et voilà qu’il me semble un peu triste. Comme s’il voyait déjà sa fin. Mais bien sûr c’était moi, en train d’y voir la mienne.
Cette vie, qui passe comme un été.
En contemplant le jardin et la tristesse qui est venue, je me dis qu’au fond, où qu’on se trouve sur la planète, la vie ne sert qu’elle-même. Et à rien d’autre qu’à vivre.

LE GRAND ÉRABLE – Ce matin, vu de la cour







