Tandis que la vie passe

Ce matin, j’écoute Sylvain Lelièvre.
Ses mots, son coeur qui y bat.
Et ça résonne. Au fond de moi.

Moi j’aime les choses inutiles
Les bonheurs tranquilles
Qui ne coûtent rien
Les couchers de soleil sur la ville
Les bibelots débiles
Les orchestres anciens
Le chant des bruants sur les fils
Les poissons d’avril
Tous ces petits riens
Qui nous rendent la vie moins futile
J’aime les choses inutiles
Qui nous font du bien

Et tandis que j’écoute,
y a ce soleil par ma fenêtre.
Lui qui s’infuse dans nos vies.
Et moi qui en boirais infiniment.

Et ces derniers jours, le vent aussi.
Qui fait tomber les feuilles en musique.
Et pousse l’automne par en avant.

carolinedufourvauquelin9bAu coucher du soleil, Place Vauquelin, Montréal – Automne 2013

Dos d’âne

Il y a mon ventre et mon coeur, et toutes mes terres intérieures.
Une chose m’apparaît certaine, y a jamais seule ma tête qui pense.

avec le temps
on a construit des dos d’âne
et chanté des mots d’âme
dans nos ruelles comme dans nos têtes
on a réinventé l’espace
que tout un chacun qui y vienne
puisse y danser sans danger
et y même chanter aussi
librement
le monde entier si tant qu’il vient
éperdument
et le temps passant comme il passe
j’entends que piètres harmonies
trouvent écho sur des murs de pierre
d’autres d’argent, d’autres d’hier
autant de ternes dissonances
que j’ose rêver passagères

carolinedufourruelleplateauUne petite rue du Plateau, à l’heure où l’école finit – Octobre 2013

Jours d’automne

Sur chemins de ville ou chemins de forêt
voilà que depuis quelque temps
je déambule portée par un autre regard.
Je pense encore à la beauté, certes,
mais plus souvent qu’avant
à la fragilité.
Et c’est là que parfois se serre
à la pensée que soit perdu
ne serait-ce qu’un seul fragment
du bonheur d’être ainsi bercé
mon coeur.
J’en viens même à me demander
si beauté et liberté
ne sont toujours finalement
qu’affaires éphémères.

carolinedufourRueroyRue Roy, le mont Royal en arrière-plan – Octobre 2013

Le pique-nique

C’était la journée parfaite, on est dans le plus beau de l’automne.
Quand j’ai proposé, t’as eu le goût tout de suite, je l’ai vu dans tes yeux.
Mais ton corps te lâche et t’as hésité, je l’ai vu aussi.
On y est allés finalement, après le barbier. Tête neuve, et frais rasé.

On a fait quelques pas dans ce grand parc où tu ne vas plus.
Sous le soleil, trop chaud tu m’as dit. Mais les tables étaient encore loin.
Quand je t’ai proposé le gazon, tu m’as souri en fronçant les sourcils.
L’air de dire c’est ben toi ça.

À l’ombre d’un bel arbre ce fut donc.
Tu t’es assis de misère, en grognant un peu quand même.
Et en t’aidant de moi pour poser ton dos contre le tronc.
Pis on a mangé un sandwich et un yogourt à la lime, et bu du jus d’orange.
En regardant le ciel, les arbres, et les gens avec leur chien.
Pis t’en as eu assez.

Rendus au stationnement, t’as zieuté le stade intérieur.
Tu m’as dit que c’était nouveau, que tu l’avais jamais vu. On est entrés.
T’as examiné les structures métalliques avec une lueur de plus dans le regard.
J’me suis dit que t’aurais aimé ça être ingénieur.
On a regardé quelques échanges de balles.
On a parlé de la Coupe Rogers. Comme.
On est allés à la toilette chacun de notre côté.
J’t’ai dit de pas te sauver, en feignant la menace.
T’as glissé un sourire au milieu d’une grimace.

Pis on est rentrés.
Tu m’as dit que t’allais te coucher. J’t’ai embrassé pis j’suis sortie.
Sur le trottoir, j’me suis retournée en levant les yeux.
Par la fenêtre, tu m’as souri en faisant bye, comme d’habitude.

carolinedufourparcdormeur7Sieste d’automne, Montréal (2013)

Le parfum

Quelle journée. Quelle magnifique journée.
C’était dimanche, et j’ai marché plusieurs heures avec Lui.
Octobre est là, juste après le tournant.
Et septembre s’est vêtu d’une douceur remarquable pour ce temps de l’année.
Chaleur, bonheur dans l’air et les regards, coucher de soleil classique, tout y était.
Dans ce parfum de liberté que j’aime tant.
Le parfum de cette ville.
Un parfum aussi rare que précieux.

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Hier, dans Rosemont, à l’heure où le soleil se couche

Et j’en prendrais longtemps

Il m’arrive d’avoir l’impression que je n’ai rien vu encore. Rien lu non plus.
D’avoir le sentiment aussi que je n’ai pas vraiment aimé. Pas su encore.
Ma vie s’est transformée pourtant, et continue de le faire.
Mais je me sens encore si nouvelle à la chose.

Je te ferais de la place encore longtemps mon âme.
Que tu puisses gambader à l’infini.
En attendant, gambade tant que tu peux.
Et moi, j’essaierai de te suivre.

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Vieux Montréal – Septembre 2013

Après la pluie, la plus grande beauté

C’est vrai que la beauté qui me parle le plus fort
est souvent dénuée d’une trop grande volonté.
Devenue ce qu’elle est sans trop forcer les choses.
Par la force des choses.

Le geste offert à l’éphémère. L’arbre qui tend vers la lumière.
Et des ouvrages en amalgame, nés de la nécessité et transformés par le temps.

Et quand la pluie s’en mêle un peu, ouf. Et re-ouf.
Allez cliquez, faites-moi plaisir. Regardez-y d’un peu plus près…

Ruelle du Mile-End, après la pluie - Septembre 2013

Ruelle du Mile-End, après la pluie – Septembre 2013

Le reste du temps

Mon beau vieux que j’aime. J’te sens si triste parfois.
Je te vois osciller, décider peut-être, entre l’ici et l’ailleurs.
Je me dis qu’il doit bien t’arriver de te demander ce que tu fais encore ici.
À part regarder la télé et dormir, te faire chauffer d’la soupe pis du pâté,
t’envoyer un gros morceau de tarte aux pommes
toujours enterré en dessous d’un tas de yogourt que t’appelles de la crème,
à part ça, je vois bien que tu fais plus grand-chose.
Avant au moins, y a pas si longtemps,
tu cognais encore du marteau de temps en temps.
Ton beau voisin d’en bas m’a dit qu’à une certaine époque,
il t’arrivait même de cogner quelques coups au milieu de la nuit.
Mais j’l’entends plus jamais maintenant.
Il avait l’air triste en disant ça. Bref, il t’en voudrait pas si tu le réveillais encore.
Avant aussi, je l’entendais souvent rentrer ou sortir,
pis j’le croisais même au parc Jarry des fois. Mais pu là.

Mon beau vieux. Mon tendre vieux. Mon oiseau rieur.
On a notre morceau de lundi ensemble.
Mais le reste du temps, est-ce que tu t’ennuies à mourir?

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Quelque part au coeur de Montréal – Septembre 2013

Deux hommes et leur aisance

Vous les voyez mal, mais les deux ont le sourire. Un vrai sourire.
Ils n’avaient l’air ni souls, ni rien. Juste heureux, à ce moment-là.
À regarder la vie, et un immense troupeau de touristes.

Et je réfléchis un peu sur ce confort qui est le mien.
Sur le vrai berceau de l’aisance.
Ce que l’on possède. Le regard que l’on pose.
Y a matière à jongler.
Mais on n’y pense pas trop,
grisés par les parfums d’une économie boulimique.

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La caresse et l’aisance – Rue St-Paul, Vieux Montréal, Septembre 2013

Le juste retour de la liberté

Mot du lendemain – Je me suis exprimée ici en toute douceur sur une question d’actualité. Je comprends d’avance qu’on puisse avoir une vision différente de la mienne. Je vous lirai et vous répondrai si j’y vois une nécessité, en particulier celle de l’amitié. Mais je n’ai pas envie que ce blogue devienne un lieu de débat, et pour cette raison, je ne publierai rien dans la section des commentaires.

J’aime ma ville.
Il fait bon y vivre. Et la liberté qu’on y sent est remarquable.
Et rare sur cette planète.
J’ai vraiment de la chance de vivre ici.

Avec cette chance et les années, j’ai pu goûter à un certain humanisme.
Et j’en suis venue à déplorer l’existence des dictats, des dogmes,
et de toutes les idées qui participent au contrôle des esprits et des peuples.
C’est donc à partir de cette perspective d’ouverture et de liberté
que je me permets d’écrire aujourd’hui que de demander à quiconque
de choisir entre deux choses n’a pour moi rien d’outrageux.
Chaque jour, la vie nous demande de choisir.
Et d’assumer les conséquences de nos choix.
C’est le prix de la liberté. De celle que je connais, du moins.

Dans cette histoire, personne ne martyrise ni ne tord de bras.
Si quelqu’un tient mordicus à une chose
et que la choisir lui ferme l’accès à une autre,
où est l’outrage, je me le demande.
Dès que l’on vit une vie, on en délaisse une autre.

On apprend à nos enfants à faire des choix et à assumer leurs conséquences.
Personnellement, je vis tous les jours avec les conséquences des miens.
Et je m’imagine bien mal crier à l’outrage.

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Brume de septembre – Avenue des Pins, le mont Royal en arrière-plan (2013)

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